Vie syndicale SNEP
de l'académie de Lille

Dernière mise à jour le 18 janvier 2012

Année 2011 - 2012

Compte-rendu du CTA du 17 janvier 2012
Le 18/01/12


Le premier CTA s’est réuni le 17 janvier 2012 (Comité Technique Administratif et non plus CT Paritaire A, car l’administration ne siège plus à égalité / parité avec les 10 élus des personnels, qui dorénavant sont seuls à voter. Un projet unanimement rejeté conduira à reconvoquer le CTA, sans obligation pour autant de l’administration de modifier le projet initial !!!).

Dialogue social
Nous avons été les seuls à voter contre le nouveau règlement intérieur de cette nouvelle instance conçu pour museler la parole des représentants des personnels ; le SE-UNSA et le SGEN-CFDT ont voté « pour » ; mais il est vrai que leur demande d’amendement visant à exclure des groupes de travail les organisations syndicales ne siégeant pas au CT* (contrairement à la pratique dans l’académie) a été retenue. L’intersyndicale appréciera !

* seront donc exclus SUD, la CGT, FO, le SNALC ….

Mesure de carte scolaire, complément de service : qui sera concerné ?
Le SNES et la FSU ont tenté d’obtenir du rectorat la publication rapide des circulaires concernant les règles de désignation des mesures de carte scolaire et d’attribution des compléments de service (à quelques jours de la publication des dotations horaires, il vaut mieux éviter de créer des situations conflictuelles dans les établissements, non ?), mais le SE-UNSA et le SGEN-CFDT sont intervenus pour que le débat n’ait pas lieu (considérant que cela ne relevait pas de la « politique éducative » et donc que cela pouvait attendre mi février, au mieux !). Que le SE-UNSA et le SGEN-CFDT aient choisi d’abonder dans le sens du rectorat en commençant leurs déclarations préalables par une critique des positions de la FSU et de notre façon d’intervenir fréquemment et sans concession en séance est une chose, que cela aille à l’encontre des personnels qu’ils sont censés représenter en est une autre !

Sur les suppressions de postes (remontées des conseils d’administration prévues vers le 17 février)
Vous ne l’aviez pas remarqué, mais l’académie aurait été surdotée à la rentrée 2010 (suite à une surestimation des effectifs), le ministère récupère donc des moyens donnés en trop selon lui (et le rectorat) cette année, en plus des retraits de postes liés à la situation à la rentrée 2012.

Premier degré : 335 suppressions de postes d’enseignants + 64 d’intervenants en langue (un poste est supprimé pour 15 élèves en moins, sachant que les effectifs officiels oublient les 2-3 ans).

Il y aura un solde nul entre les fermetures et les ouvertures de classes. La volonté de diminuer encore le pourcentage de 2-3 ans en maternelle est clairement revendiquée par la rectrice qui estime que les élèves de cet âge n’ont rien à gagner à être scolarisés, sauf déficience familiale.

Nous n’avons pas eu de réponse sur notre intervention concernant les remplacements non assurés et sur la nécessité de travailler avec des effectifs réduits, en particulier en maternelle (où l’on trouve des classes à plus de 30).

Collèges : 20 créations dans le 62, aucune dans le Nord, malgré des effectifs en hausse par rapport à cette année (+ 594).

LP : exercice subtil de ressources humaines puisqu’il y aura 503 suppressions de postes, mais l’équivalent de 35 postes seront réinjectés en juin pour permettre d’affecter à l’année des personnels qui auront perdu leur poste, mais dont la présence dans leur ancien établissement serait souhaitable …. C’est également la dernière année de coexistence entre le système BEP-bac pro en 4 ans amené à disparaître et le bac pro en 3 ans.

Selon le rectorat, 7000 places seraient actuellement vacantes en LP, les suppressions de postes n’altéreraient donc pas l’encadrement des élèves (seulement leur choix d’orientation , les places vacantes ne correspondant pas forcément aux vœux des élèves) !

Lycées : 130 élèves en plus en post bac qui ne nécessitent pas selon le rectorat de moyens supplémentaires car il y a à l’heure actuelle 500 places vacantes en CPGE et 680 en BTS.

Pour le pré bac, « seulement » 940 élèves en plus mais 117 suppressions ... en raison des réformes et de la généralisation de la majoration de service (1h de service en plus non rémunérée pour plus de 8 h devant moins de 20 élèves) et de la diminution des heures de chaire avec la montée du tronc commun en terminale. C’est l’équivalent de 50 postes gagnés par le rectorat par ce travailler plus..

L’équivalent de 50 postes sera utilisé également en juin pour des ajustements (effectifs supérieurs aux prévisions) et pour affecter à l’année des personnels en mesure de carte : attention, cela signifie qu’un collègue en mesure de carte qui devient TZR ou qui obtient un autre poste ne pourra pas réobtenir son poste définitif en juin mais il l’aura (peut-être...) en affectation provisoire à l’année !!! Cela signifie aussi que le rectorat met des heures de côté pour les réinjecter ensuite en moyens provisoires ; les personnels en mesure de carte apprécieront.

Une majoration de 15h a été prévue pour accompagner la réforme STI2D (elle est comprise dans la DGH envoyée aux établissements).

Le calcul de la DGH se fait comme l’an dernier, en prenant en compte le nombre d’élèves et pas la structure. Une majoration de 5 à 10 heures sera donnée aux établissements aux CSP défavorisées pour le niveau seconde, les niveaux premières et terminales continuent à avoir une dotation particulière liée à la structure.

Vote sur les suppressions de postes : unanimité contre

Offre de formation / structures des établissements
Nous avons fait remonter les questions émanant des établissements qui nous avaient contactés avant le CTA, et qui s’étonnaient de constater que les effectifs prévus en terminale étaient bien inférieurs à ceux de première, sans compter les doublants probables !

Réponse du rectorat : les services ont anticipé en reprenant les taux habituels de passage, de doublement, de sortie, de réussite au bac de façon scrupuleuse. Les effectifs constatés à la rentrée 2012 devraient correspondre aux prévisions ….

La rectrice a ajouté que tout cela avait été concerté en amont avec les chefs d’établissement : les chefs d’établissement pouvaient majorer de 5 % les effectifs prévus par le rectorat, mais les dotations des établissements ne prenaient en compte que l’effectif retenu par le rectorat. Si les effectifs au final sont supérieurs de plus de 5 % aux effectifs prévus, le rectorat réinjectera des moyens en fonction de cette hausse à hauteur de 50 % en heures-postes et 50 % en HSA.

Le rectorat a également examiné l’offre de formation dans son ensemble (en réseaux) et en prenant l’avis des professionnels (qui préféreraient par exemple dans le domaine de l’hygiène des employés plus âgés, issus préférablement de la formation continue que de la formation initiale). Ce qui aboutit à fermer des classes prépa, des BTS ou des filières là où le nombre d’élèves est estimé insuffisant ou là il y a concurrence de formations sur un bassin, le rectorat considérant que les élèves pourront rejoindre un autre établissement dispensant la même formation (exemple : fermeture d’une classe prépa à Gambetta Tourcoing, alors qu’il s’agissait d’une formation de proximité permettant à des élèves boursiers d’aller en prépa).

Voie technologique : tentative d’enrayer la chute des effectifs en implantant des enseignements d’exploration et filière STI2D dans des établissements généraux. Développement de « parcours mixés » : 2nde en LP suivie de 2 ans en contrat d’apprentissage (les « professionnels » préférant des contrats de 2 ans à ceux de 3 ans)

Vote : unanimité contre

Questions diverses
Nous avons eu peu de réponses, les courriers étant en cours. Rien notamment sur le calendrier du baccalauréat mais nous avons fait remonter les demandes en philo (problème de délais) et en histoire-géo (problème de vivier).

Déclaration FSU au Recteur lors du CTA du 17 janvier 2012
Le 18/01/12

En 2008, les accords de Bercy ont instauré la « rénovation du dialogue social » dont François Fillon et Eric Woerth définissaient à l'époque les grands principes :
- Conforter la légitimité des organisations syndicales de fonctionnaires
- Promouvoir la place de la négociation dans la fonction publique
- Renforcer le rôle et améliorer le fonctionnement des organismes consultatifs
- Conforter et améliorer les droits et moyens des organisations syndicales

En 2012 dans l'académie de Lille, vous prenez le contrepied total de ces dispositions, et ce, dès la mise en place du premier CTA. Ainsi, l'installation très tardive de cette instance par rapport aux autres académies, mais aussi, les documents préparatoires qui ont été envoyés moins de 4 jours avant la tenue du CTA- pas de documents concernant les Segpa pourtant à l’ordre du jour - , rendant caduques de fait le décret sur les CT et le projet de règlement intérieur. Cela traduit un mépris manifeste pour notre travail de représentants des personnels : estimez vous vraiment que nous ne préparons rien en nous laissant si peu de temps pour produire nos analyses ? Ou est-ce votre interprétation très personnelle de « l'amélioration du fonctionnement des organismes consultatifs » ? Dans le même ordre d'idée, vous avez décidé de maintenir le calendrier des GT barèmes alors que l'intersyndicale vous a demandé un report de quelques jours et continue à vous le demander, faute de quoi l'ensemble du calendrier emploi et carrières sera compromis.
Par ailleurs, vous avez mis à l'ordre du jour un projet de règlement intérieur qui ne peut être examiné lors de ce CTA dans la mesure où vous n'avez pas respecté les délais de transmission. Ce projet, nous l'interprétons comme une tentative de museler les élus des personnels en imposant des horaires contraints aux réunions, alors que vous portez la responsabilité de leur durée en les réunissant trop peu souvent et en ajoutant vous mêmes des points en cours de séance comme ce fut le cas lors du dernier CTPA. Nous vous demandons de supprimer cet article dans la nouvelle proposition que vous nous ferez le moment venu.
Ces dysfonctionnements ne sont que la partie émergée de l'iceberg, l'Education nationale est devenue un vaste champ d'expérimentation de toutes les dérives libérales et en premier lieu de la RGPP avec 1020 nouvelles suppressions dans l'académie de Lille, portant le total à près de 8 000 depuis le début la fin des années 90. Cette année encore moins que les autres les suppressions ne se justifient au regard de la démographie puisque d’un côté, dans le premier degré, vous supprimez un poste de professeur des écoles pour 15 élèves en moins (sachant que vos effectifs d’élèves sont tronqués), que vous créez un poste en collègue par tranche de 30 élèves supplémentaires en collège, et que vous supprimez un poste en LEGT par tranche de 18 élèves EN PLUS !
Voilà donc comment vous traduisez dans l’académie de Lille les termes « Excellence », « Justice » et « Unité » employés, le jeudi 5 janvier 2012, par le président de la République à Chasseneuil-du-Poitou lors d’une nombreuse étape de ses vœux. Dans le premier degré, ce sont 399 postes qui disparaissent. Un comble quand l’OCDE constate la faiblesse du taux d’encadrement du premier degré. Nous savons que ce sont les postes RASED, de remplaçants, de conseillers pédagogiques et d’intervenants de langues qui seront les premiers touchés, sans oublier la disparition de la scolarisation des « tout petits » y compris en zone d’éducation prioritaire. L’école maternelle qui, soit disant a été renforcée à travers la parution spécifique de programme, et de la nomination d’IEN départementaux, reste dans le viseur des réductions de moyens. La baisse régulière du taux de scolarisation des enfants dès deux ans en est le cruel constat. La FSU demande que la scolarisation des enfants dès deux ans soit possible partout sur le territoire dès lors que les parents en font la demande.
Où est la justice quand le rapport PISA pointe du doigt l'aggravation de l'impact des différences sociales sur les résultats scolaires ? Pour mémoire, la France consacre à l’école primaire 15 % de moins que la moyenne des pays de l'OCDE. La suppression des postes RASED ne va qu’accentuer ce phénomène. Où est la justice quand le droit à la scolarisation est bafoué ? Quand la continuité du service public n’est plus assurée faute de remplaçants ? Des familles se sont entendues dire que l’enseignante absente pour une durée de 7 semaines ne serait pas remplacée mais que cela n’était pas grave puisque l’école n’est pas obligatoire avant 6 ans ! Dans les collèges et lycées, de petites annonces commencent à apparaître pour dénicher quelqu’un susceptible d’effectuer un remplacement en anglais, en maths … y compris à Lille même. Où est la justice, où est l’équité quand la scolarisation en segpa est dans le collimateur ? Ce n’est pas par une pseudo-intégration en classe ordinaire que l’on aidera les élèves en difficulté grave et persistante. Où est l’excellence quand on supprime des postes d’intervenants langues et la possibilité pour des collégiens et lycéens de choisir une LV2 ou même une LV1, alors que l’enseignement des langues est une des priorités affichées dans l’académie ? Où est la justice quand les mots « éducation prioritaire » ont disparu des textes ministériels ? La relance des ZEP n’a jamais vu le jour. Pire, des réseaux où les postes surnuméraires, et le travail d’équipe avaient permis une dynamique pédagogique ont été abandonnés. Et ce n’est pas l’acronyme ECLAIR qui va changer quoi que ce soit : l’échec de ce dispositif a été tel que le ministère est en train de publier dans l’urgence et la précipitation une circulaire pour essayer de pourvoir des centaines de postes à l’échelle nationale restés vacants faute de volontaires pour y aller. Espère t-il ainsi récupérer des déçus du mouvement inter qui pourraient rentrer dans l’académie de leur choix par ce moyen détourné ? Un tel type de recrutement fondé sur l’opportunisme serait une véritable catastrophe. La FSU condamne le nouveau projet de circulaire ECLAIR, comme elle condamne le recrutement des personnels par le chef d’établissement.
Parmi les autres dérives auxquelles nous sommes confrontés, la volonté accrue d’autonomie des établissements et de décentralisation, qui nous a valu un énième projet non concerté sur l’évaluation par les chefs d’établissement, projet lui aussi rejeté par les personnels qui revendiquent un double regard sur l’exercice de leur métier, et un regard qui ne se limite pas à des objectifs chiffrés selon les lubies du moment, sans prise en compte de leurs qualités professionnelles dans l’exercice quotidien de leurs métiers, sans prise en compte des aspirations de nos élèves.
Au niveau académique, la nouvelle gouvernance trouve un écho avec le décret « relatif à l'organisation académique » publié au JO du 6 janvier dernier et qui réorganise en profondeur l’architecture de notre système éducatif. Pour la FSU, il s'agit d'un renforcement du pilotage académique au détriment de l’échelon départemental qui conduira à une accélération de la disparition de certains services départementaux avec de nombreuses conséquences en termes de suppressions d’emplois administratifs et/ou d’obligation de mobilité. Pour les usagers, comme pour les personnels qui relèvent d’une gestion par les services départementaux de l’Education nationale, cela se traduira par plus d’éloignement et par une dégradation de la qualité du service public rendu aux usagers. Ce sont des questions lourdes pour l’avenir du système éducatif qui méritent un débat démocratique beaucoup plus approfondi. C’est pourquoi la FSU demande le retrait de ce texte et exige qu’une large concertation s’engage avec l’ensemble des acteurs concernés : usagers, élus, personnels.
Pour terminer, nous rappelons l’urgence de la revalorisation de nos métiers, tant du point de vue des conditions de travail que du salaire, les premiers résultats aux concours de recrutement montrent que nous entrons dans une crise de désaffection sans précédents (92 admissibles au CAPES de lettres classiques pour 170 postes). Or, le Ministre de l’Education n’a annoncé en novembre que des mesurettes de revalorisation salariale uniquement pour les enseignants en début de carrière (augmentation d’environ 100€ par mois et de 50% de l’indemnité des directeurs et directrices d’école, ces augmentations revenant à écraser la grille indiciaire, les nouveaux recrutés bac + 5 intégrant la grille actuelle à compter du 6ème échelon).
Même s’il n’en a pas pris la réelle dimension, le ministre lui-même reconnaît que la question salariale est un sujet crucial pour les personnels, dont les rémunérations ont connu une très forte baisse depuis le début des années 80 et restent très éloignées des salaires de leurs collègues européens. Il y a donc urgence à ouvrir de réelles négociations salariales pour rendre nos métiers attractifs et pour compenser la perte de pouvoir d’achat. Pour la FSU la revalorisation salariale de tous les fonctionnaires ne peut se faire qu’à travers une revalorisation du point d’indice.
C’est pour toutes ces raisons qu’elle appelle à soutenir l’action des directeurs d’école pour réclamer la prise en compte de l’alourdissement de leur charge et la création de postes de secrétaires administratifs. Dorénavant, c'est « Je réponds quand j'ai le temps » : les directeurs d’école ne se consacreront qu'aux activités pédagogiques en lien avec les élèves et au travail relationnel indispensable auprès des familles. Le reste attendra : Enquêtes multiples, listings à fournir, demandes administratives, ne seront pas prioritaires.
C’est également pour toutes ces raisons que la FSU appelle à la réussite de la grève du 31 janvier.

Compte-rendu du CTPA du 7 novembre 2011
Le 07/11/11

On est dans une académie « bisounours ». Pour la rectrice « tout va bien », les résultats aux examens augmentent, les taux de redoublement diminuent, aucun des points à l'ordre du jour ne semble atténuer la satisfaction de la politique menée par le rectorat (tous les voyants sont positifs depuis 2007). Sauf, bien sûr les mouvements d'humeur des enseignants qui prennent parfois les élèves en otage.

Bilan des résultats académiques aux examens
La rectrice indique que l'on fait moins redoubler à Lille et mieux réussir, le différentiel avec le national diminue alors que le pourcentage d'élèves défavorisés est élevé (+ 12 pts par rapport à la moyenne nationale).
Rôle des stages de remise à niveau dans la diminution du dédoublement
Un travail est à faire sur l'orientation : le taux de passage en 2nde GT est inférieur de 6 pts par rapport à la moyenne nationale.
Dans le premier degré, la progression est due à l'aide individualisée et permet d'obtenir des résultats équivalents à la moyenne nationale.
Dans l'enseignement professionnel, l'utilisation à bon escient du livret de compétences en 2nde doit permettre aux élèves d'aller en 1ère techno par le biais des classes parallèles.
Concernant la voie technologique : les académies qui augmentent les flux de passage entre la 2nde et la 1ère STI2D sont des lycées généraux qui ont intégré des enseignements d'exploration technologiques. Le décloisonnement des lycées est une piste à creuser en sélectionnant des lycées généraux qui ne concurrenceraient pas les lycées technologiques.
La moyenne académique à l'épreuve d'Histoire de Arts est de 13,22, mais c'est pareil ailleurs, on ne peut donc expliquer la progression lilloise avec cela.
Commentaire FSU : l'intervention de la rectrice montre qu'elle établit une hiérarchie entre les 3 voies, disant à plusieurs reprises que les élèves manquent d'ambition en choisissant d'aller en LP (accusant au passage les enseignants et chefs d'établissement de se montrer élitistes, d' « écrémer » en ne les poussant pas à aller en LEGT), ne voulant pas admettre un héritage académique et que ce puisse être un choix délibéré, réfléchi, permettant de réussir sa vie professionnelle.
Nous avons demandé un bilan des classes parallèles par rapport à celui des 1ères d'adaptation qui ont disparu.
Nous avons rappelé notre opposition au livret de compétences et au socle commun, la validation d'une compétence relevant davantage d'un problème de conscience que d'une réelle validation d'un acquis.

Orientation
Diminution depuis 3 ans des demandes d'orientation vers les CPGE (il n'y a plus une seule classe à 48 élèves dans l'académie). Parmi les hypothèses, les dossiers sont dorénavant à envoyer directement par les élèves qui ne le font pas, la procédure complémentaire de septembre n'est pas assez utilisée, les établissements recruteurs doivent aller plus loin dans les listes de sélectionnés.
Bac Pro : 54 % des élèves demandent à poursuivre des études après le bac.

Stages
Stages de remise à niveau et stages passerelles : ils ont concerné 21 établissements pour 544 élèves pour les premiers, 63 établissements pour 200 élèves pour les seconds (sur les 200, 143 ont eu un avis favorable pour aller de 2nde GT en LP, le cheminement inverse a concerné 2 élèves). Les chiffres seront certainement « meilleurs » cette année, la circulaire sera moins tardive. Ainsi les stages de remise à niveau pourraient être avancés aux vacances de Pâques, une semaine bloquée pendant les vacances, l'équivalent de l'autre semaine aurait lieu en dehors des cours, de manière filée. La proposition doit émaner du conseil de classe. En réponse à nos questions, le doyen des IPR indique l'impossibilité d'évaluer l'élève dans ce dispositif …En bref, avant le stage, après une année scolaire,le conseil de classe constate l'impossibilité de passer dans la classe supérieure, mais après un stage d'une semaine auquel il suffit d'être présent, l'élève a comblé ses lacunes et il est miraculeusement au niveau.
Stages d'anglais : 14 établissements ont organisé des stages de vacances pour 357 élèves. Le rectorat tente d'abriter cet échec derrière les difficultés techniques, l'absence d'enseignants disponibles. Il envisage de mettre ces stages pendant l'année scolaire sous forme d'heures dispensées par des étudiants « master en alternance ».

La FSU a rappelé qu'elle demandait le retour à des horaires et des effectifs dignes d'un enseignement efficace en langues vivantes.

Internat d'excellence
Montée en puissance. Il devrait y avoir 1500 places en internat en 2014. A la rentrée 2011 en plus des 2 internats d'excellence de Douai et d'Armentiéres, il y a 500 places labellisées. Un 3ème internat d'excellence ouvrira à la rentrée 2013 au lycée Carnot d'Arras. Le rectorat a rappelé que les places en internat d'excellence n'étaient pas gratuites. Une participation peut être demandée aux familles en complément des 1 100 € allouée par l'agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances (ACSE). Elle a aussi ajouté « pourquoi ne pas faire le repas gratuit tant qu'on y est ».

Dispositif ECLAIR
Sur 169 postes CLAIR (qui ne peuvent être obtenus que dans le cadre du mouvement spécifique, après entretien avec le chef d'établissement), 99 étaient vacants en juin 2011. 56 candidats ont postulé, essentiellement sur la zone Lille Roubaix Tourcoing. 57 postes sont restés vacants à l'issue du mouvement, soit près d'1/3.

La FSU rappelle son opposition au dispositif et demande que les postes soient délabellisés. Elle rappelle également que, comme pour les ZEP, ce n'est pas en mettant des bonifications de sortie qu'on attirera des personnels sur la durée, ni qu'on réglera les problèmes de l'éducation prioritaire. Le mouvement spécifique est perçu uniquement comme un moyen de contourner le mouvement et d'obtenir un poste fixe dans la métropole lilloise.

Le secrétaire général propose de maintenir le dispositif CLAIR et de faire passer au mouvement les postes vacants et au barème MAIS d'examiner le dossier des personnes mutés sur ces postes (ceux identifiés comme « fragiles » (selon quels critères ? Par qui ?) pourraient être placés ailleurs). Il propose aussi que cet examen hors barème concerne des collègues en difficulté dans certains établissements, par exemple.

La FSU a réagi sur plusieurs points :
ce projet déjà présenté en groupe de travail a été condamné unanimement par les organisations syndicales présentes. Est-ce là la conception du dialogue social du rectorat ?
C'est une nouvelle déréglementation qui aurait de graves répercussions dans les établissements si elle était mise en place : dès que le hors-barème entre en jeu ou que les règles sont trop confuses, on soupçonne les collègues qui obtiennent une mutation d'avoir magouillé.
Le rectorat a décidé de divulguer le projet de mouvement, ce que nous dénonçons : comment compte t-il expliquer aux collègues concernés qu'ils ont été jugés les uns trop fragiles, les autres assez solides pour être permutés entre le projet et le résultat final du mouvement ?

Concernant le mouvement, nous avons demandé le maintien de la bonification TZR et qu'elle soit attribuée également aux TZR entrant dans l'académie. Nous avons demandé également que la bonification agrégée soit diminuée étant donné son inefficacité et les espoirs déçus qu'elle suscite : pour affecter les agrégés en lycée, il faut arrêter de supprimer des postes et même en créer !

Rentrée 2012
L'académie a été surdotée à la rentrée 2011 (2000 élèves comptabilisés en trop), le ministère reprendra donc des moyens à ce titre et comme les chiffres de prévision pour 2012 annoncent 2000 autres élèves en moins, il faut s'attendre à de nouvelles suppressions importantes de postes.
Le taux d'encadrement est conforme à la moyenne nationale.
Comme l'an dernier, le rectorat indique qu'il y a une prévision de diminution des effectifs, mais qu'on enlève les places vacantes !!
Le taux de scolarisation des 2 ans est actuellement de 28.7 % jugé encore trop important par le rectorat car des pédagogues lui ont confirmé que cela ne servait à rien.
Pour la rentrée, le rectorat prévoit 2327 élèves de moins dans le 1er degré dont 1894 en pré élémentaire,
+ 1261 en collège, - 4239 en LP, + 818 en LEGT et + 477 en post bac.
Intervention FSU pour rappeler que les établissements de l'académie sont ZEP pour 1/3 d'entre eux et devraient faire baisser la moyenne. Ce n'est pas le cas, donc nos établissement sont plus chargés qu'ils ne devraient l'être.

Réseau d'établissement
La transformation des LP en SEP se poursuit. 4 nouvelles à cette rentrée 2011 et 5 nouvelles à la rentrée 2012. Les collègues du LP sont tous mis en MCS et réaffectés automatiquement sur le lycée. Il subsiste un seul RNE, la dotation horaire sera commune et le budget sera commun.
En parallèle se met en place des mise en réseau avec uni-direction. 22 établissements seront concernés à la rentrée 2012 (donc 11 uni direction). La fusion Gambetta – Carnot à Arras est annoncée à la rentrée 2012. En 2013, ce sont 8 nouvelles uni direction qui verront le jour.

CIO
En 2011, regroupement des CIO de La Madeleine, de Lille Solférino, de Lille Après bac, de Lille Helemmes au sein d'un nouveau CIO lillois rue de Thionville; pour 2012, regroupement au 1er janvier 2012 des CIO de Maubeuge et d'Avesnes sur Helpe, puis regroupement au 1er septembre 2012 des CIO de Dunkerque et Saint Pol sur mer, de même que le regroupement des CIO d'Armentières, de Lomme et d'Haubourdin.

Questions diverses :
LP d'Hennebique : Ce n'est pas un projet pédagogique du rectorat, mais une reconstruction voulue par la région. En stand by pour l'instant face à l'ampleur de la mobilisation des personnels concernés.

L'option HG en T S est une option qui ne fera pas l'objet d'une dotation particulière (mais ce nouveau paramètre sera pris en compte pour la dotation des terminales, on y croit !). Rappel du rectorat de ne pas confondre option et enseignement de spécialités en terminale. La mise en place de la spécialité de TL « droit et grands enjeux du monde contemporain » est en cours (appel au repérage de profs ayant une licence de droit ou un diplôme sciences po). Tout comme la spécialité de TS Informatique et sciences du numérique, cela fera l'objet d'une mise en réseau des établissements : elles ne seront pas ouvertes partout.

ORS / majoration de service : Le rectorat maintient son discours sur la nécessité d'équité qui l'a obligé à rappeler des consignes qui ne sont pas nouvelles, selon lui. Il dit qu'effectivement, il n'avait pas eu l'intention de vérifier les VS comme indiqué à l'audience de juillet mais que la situation se révélant très diversifiée, il procède actuellement à une vérification d'un échantillonnage de VS, notamment dans les établissements où les consignes ne paraissent pas avoir été appliquées. Mais il s'agit pour l'instant de tendre vers cette équité en demandant que les établissements qui ne l'avaient jamais appliquée commencent à le faire sans créer une rupture brutale par rapport aux années précédentes....L'AP n'est pas pris en compte dans le calcul de la majoration car selon eux, ces groupes sont annualisés et donc les élèves peuvent y entrer et en sortir. Répondant à une question de la FSU, il évoque le chiffre de plus de 8h pour les majorations mais nie tout changement dans l'attribution de la première chaire.
Commentaire de la FSU : nous avons rappelé que le problème n'était pas le décret de 50 en lui-même mais bien un changement de lecture concernant l'identification des groupes à effectifs réduits ; le secrétaire général a concédé un changement de lecture. Nous avons bien évidement évoqué la colère des enseignants qui se traduisait par des actions diverses dont le choix de s'en tenir à leurs ORS. La rectrice a trouvé alors qu'il était lamentable de prendre les élèves en otage. Sous prétexte d'équité, chacun constatera que la règle est à géométrie variable.

Fonds sociaux : Ces fonds sociaux ne sont pas là pour aider de manière permanente les élèves en difficulté car il y a les bourses pour cela. Il s'agit d'aider de manière exceptionnelle. Les établissements avaient des fonds de réserve pour ces fonds sociaux, qui équivalent à ce qui n'a pas été donné aux établissements. Le problème se posera l'an prochain car il n'y aura plus de fond de réserve.
Commentaire de la FSU : nous avons rappelé que ces fonds sociaux permettaient à certains élèves de pouvoir manger à la cantine et que c'était justement un facteur de décrochage important, ce qu'a nié complètement la rectrice.

Déclaration FSU au Recteur lors du CTPA du 07 novembre 2011
Le 07/11/11

Aujourd'hui se tient le dernier CTPA de l'académie de Lille, les prochaines instances ne seront plus paritaires et les élus des personnels auront enfin la possibilité de peser sur les décisions par leur vote. La FSU continuera à travailler dans la transparence et communiquera systématiquement auprès des personnels sur les projets et les votes émis par les organisations syndicales nouvellement élues.

Le gouvernement a cependant pris la précaution de prévoir dans les textes la reconvocation du CTA pour une nouvelle délibération si le projet obtenait un avis unanime contre lui.
Le gouvernement, comme le ministère de l'Education nationale, ont décidément beaucoup de difficultés à entendre l'expression des personnels ! C'est sans doute pour cela que tout a été fait pour limiter la participation aux élections professionnelles, quitte à exclure des électeurs qui remplissaient toutes les conditions et qui attendent toujours un identifiant ou un mot de passe ; ces exclusions ont été massives pour les catégories qui ont le plus besoin de remparts, à savoir les non-titulaires.
La FSU dénonce ce déni de démocratie que constitue le vote électronique et les modalités choisies par le ministère, elle exige qu'un bilan soit fait et le retour du vote à l'urne, comme la possibilité en est offerte dans les décrets, comme aussi l'ont choisi les autres ministères, preuve qu'il s'agit dans l'Education nationale d'une mesure prise à l'encontre de notre fédération.

La FSU dénonce également le fait que la représentativité soit calculée par rapport au scrutin qui recueille le moins de suffrages puisque la participation au CTA est d'environ 38 % alors que celle concernant les CAPA et CAPD recueille près de 45 % tous corps confondus.

Les personnels savent que la représentativité syndicale se mesure aussi à la capacité à les mobiliser contre les dispositifs inefficaces et sources de déréglementation, comme les ECLAIR, contre des réformes désapprouvées majoritairement et pour proposer un projet éducatif pour tous les élèves, évalués sans livret de compétences, dans le cadre de savoirs exigeants dispensés au sein des 3 voies dont nous défendons les spécificités, la voie professionnelle, la voie technologique et la voie professionnelle. C'est avec ces objectifs que la FSU saura prendre ses responsabilités dans une académie que vous avez entrepris de saigner à blanc et dans laquelle la colère est grande et ne demande qu'à s'exprimer. Il manquait une étincelle et vous avez sans doute eu tort d'ajouter aux centaines de suppressions de postes de la rentrée et à la dégradation des conditions de travail, une discrimination quant à l'interprétation des décrets de 1950 en imposant une heure de cours gratuite aux enseignants. Cette mesure est non seulement un cache misère pour récupérer pour l'instant 117 emplois alors que des dizaines de remplacements ne peuvent se faire dans l'académie, c'est aussi une mesure vexatoire de plus pour des personnels au pouvoir d'achat qui dégringole depuis 1983, dont le salaire est actuellement gelé, et même diminué avec la réforme des retraites. Ce tort, vous le paierez sans doute dans les mois qui viennent.
D'ores et déjà, les mobilisations dans les lycées ne demandent qu'à s'étendre et nul doute que les actions vont se multiplier rapidement. La FSU a d'ores et déjà déposé des préavis de grève en ce sens.


Année 2010 - 2011

Déclaration FSU au Recteur lors du CAEN du 14 avril 2011
Le 14/04/11

Monsieur le Préfet,
Madame le Recteur,
Monsieur le Vice –Président

Nous prenons acte de la communication d’un certain nombre de documents préparatoires, mais nous regrettons leur transmission tardive . D'autre part, manquent le CR du CAEN du 22 septembre 2010 ainsi que des documents relatifs aux points 4 et 5, à savoir les internats d’excellence et les plates-formes de suivi et d’accompagnement des élèves décrocheurs.

Avec la préparation de la rentrée 2011, le ministère de l'Education nationale et les autorités académiques poursuivent la dégradation et le démantèlement organisés du Service Public d’Education que les politiques gouvernementales ont entrepris depuis 2002.

Vous ne serez pas surpris que nous dénoncions une nouvelle fois l’attaque dont font l’objet les lycées du Nord/Pas-de-Calais : 402 nouvelles suppressions de postes d’enseignants dans les lycées généraux et technologiques, 170 dans les lycées professionnels, ceci aura bien évidemment des conséquences lourdes sur la réussite des lycéens de l’académie .
Les classes seront encore plus chargées à la rentrée: vos calculs savants par moyennes diverses et variées pour montrer le contraire n'y changeront rien et ne trompent personne, ni les personnels sommés de « faire mieux avec moins » , ni les familles qui, de la maternelle à la terminale , voient leurs enfants confrontés à des difficultés d’apprentissage croissantes liées aux classes surchargées.
Nous contestons les arguments avancés pour justifier la diminution des moyens :
- la réduction du nombre de places vacantes en lycée professionnel, alors que des centaines de jeunes n’ont pas pu trouver à la dernière rentrée une affectation ; l’optimisation avancée des grilles horaires en LP qui dissimule mal une amputation de la formation des élèves.
- la réduction des ARE = - 114 ETP, en raison de la réforme du lycée…dont la fonction , on le voit bien à l’expérience , est de faire des économies et sur le dos des élèves et sur celui des personnels.
- la réduction des ARA = - 5 ETP, et donc de nombre de projets académiques enrichissants.

- Les TZR condamnés à couvrir des zones pour certaines étendues à l’académie et les enseignants non-titulaires que vous qualifiez de « contractuels évitables » apprécieront, nous en sommes sûrs, « l’efficience »  mise en avant. Nous dénonçons votre mépris envers leur conscience professionnelle et les conditions d’exercice de leur métier comme votre indifférence à l'égard de la santé et de la sécurité des personnels. La question du remplacement ne peut en aucune façon être résolue de la sorte.

Ces suppressions de postes entraîneront aussi une diminution de l’offre de formation dans les lycées : moins d’enseignements artistiques, moins d’options sportives, moins de langues vivantes ou anciennes…Contrairement à certains propos avancés, ce ne sont pas les demandes des familles qui diminuent en la matière, c’est la possibilité même pour les élèves de pouvoir les demander. Il est vrai que la méthode est efficace : ne pas permettre aux familles de demander un enseignement fait mécaniquement chuter la demande et permet de faire disparaître un enseignement…
Tout ceci augmente les difficultés des élèves très ou moyennement fragiles : ce ne sont ni les internats d’excellence , ni les dispositifs d’aide et d’accompagnement qui les hisseront vers la réussite.

Plusieurs organismes officiels font le même constat que nous :
- dans son rapport du 20 mai 2010, La Cour des comptes rappelle que la part du P.I.B. consacré à l’éducation a baissé de 4,5% en 1995 à 3,9% en 2006 .. Elle relève également l’absence de visibilité du coût des politiques de lutte contre l’échec scolaire, notamment concernant l’éducation prioritaire, pour laquelle le ministère affirme débloquer 1 milliard d’euros alors qu’il semblerait qu’en réalité le coût de l’éducation y soit inférieur d’environ 10%. L’écart du nombre d’élèves par classe entre les établissements situés en éducation prioritaire et les autres serait seulement de deux élèves.
- selon les calculs de l’OCDE, la moyenne d’encadrement, tous niveaux confondus, est autour de 6 enseignants pour 100 élèves ou étudiants , ce qui le range parmi les plus bas des pays de l’OCDE. Contrairement à ce qui a souvent été déclamé, l’Education nationale manque de personnels et de moyens pour assurer ses missions de service public.

C’est pourquoi, nous réclamons un collectif budgétaire qui permette de créer les postes nécessaires au bon fonctionnement de l’Éducation Nationale.

Les soi-disant « réformes » imposées dans le second degré, dans la foulée de la loi Fillon de 2005, redessinent un système éducatif plus inégalitaire qui renonce à la réussite de tous les élèves, notamment de milieux populaires, met en concurrence les établissements via les mutualisations de moyens et les contrats d’objectifs, démantèle l’éducation prioritaire et le service public de l’orientation scolaire.
Ces réformes tournent le dos à la démocratisation du système scolaire. Elles n’améliorent aucunement la situation des élèves, au contraire, elles accentuent les inégalités et le tri social, ce que l’OCDE a une nouvelle fois confirmé dans sa dernière enquête Pisa.
Elles mettent en perspective une école à 2 vitesses : une formation complète pour les 50% d’élèves destinés à obtenir un diplôme de l’enseignement supérieur et pour les autres, un ensemble de savoirs et de compétences dits de base. Quant aux jeunes les plus en difficulté, le gouvernement ne leur promet que l’éviction précoce du collège avec la volonté de relancer l’apprentissage dès le collège ou la promesse de les « accompagner » . Pour tous et toutes, la formation scolaire est en train de se réduire aux seuls besoins immédiats et supposés des entreprises ;elle est synonyme de renoncement à sa mission de formation de l’être humain et du citoyen.


La F.S.U. porte une autre conception de l’éducation et de la formation qu’elle a traduite en vingt propositions pour l’école et quelle défend jusqu’en juin à travers 500 débats dans tout le pays.
Elle entend travailler avec tous ceux, personnels, parents, jeunes, salariés, élus……..qui s’engagent dans cette voie de la démocratisation et de la réussite pour le plus grand nombre.


Déclaration FSU au Recteur lors du CTPA du 29 mars 2011
Le 29/03/11

Nous sommes réunis ce jour pour préparer une rentrée 2011 catastrophique.

Les personnels ont eu de nombreuses occasions pour exprimer leur colère face à 865 nouvelles suppressions injustifiables ; ils continuent et ils continueront à le faire par des actions locales et lorsqu’ils sont reçus en audience par vos services. S’ils réagissent ainsi, c’est pour la réussite de leurs élèves, ils vivent donc très mal vos propos sur le fait que l’académie soit privilégiée, alors que leur réalité quotidienne est toute autre et qu’ils subissent des dégradations constantes dans l’exercice de leurs professions et dans leur pouvoir d’achat. Ces propos, et surtout les actes qui les accompagnent, sont à juste titre perçus comme un manque de respect, de courtoisie et de considération à l’égard de l’ensemble des personnels, des parents et des élèves de l’académie. Et en rajouter comme vous le faites par l’envoi de de circulaires menaçant de représailles suite aux choix collectifs d’actions faits dans les établissements, ne peut qu’accentuer cette légitime colère dont vous portez la responsabilité.

L’ordre du jour de ce CTPA est particulièrement fourni et il ne nous paraît pas raisonnable de pouvoir traiter sérieusement toutes les questions. Nous demandons des réunions plus fréquentes afin que ces instances ne soient pas de simples simulacres paritaires.

Par ailleurs, le CTPA doit s’exprimer aujourd’hui sur des sujets importants et qui n’ont cependant pas été instruits préalablement. C’est le cas par exemple de la situation des AED pour lesquels a été envoyé un courrier aux chefs d’établissements annonçant qu’à la rentrée prochaine, les AED seront exclusivement affectés dans le second degré et les contrats aidés dans le premier degré.

Nous avions déjà pointé ce déficit de dialogue social lors du précédent CTPA où nous avions eu droit à des documents sur l’évolution des structures, sans cependant avoir eu connaissance des structures existantes, ni surtout sans avoir été à aucun moment consulté sur ces évolutions. Il ne suffit pas de nous faire parvenir des documents que nous n’avions pas jusqu’à présent, mais sans possibilité d’en débattre, pour prétendre à l’existence d’un dialogue social dans l’académie ; de même que se renvoyer la balle entre échelons administratifs pour éviter de nous permettre de travailler et de remplir notre rôle d’élus (ainsi, l’IA 62 refusant un GT collèges avec examen des CS puisque se tient un GT lycées le faisant, ce que nous avons tous pu constater mercredi dernier !).

Pour la FSU, le dialogue social ne doit pas être une opération de comm’, il recouvre bien autre chose et certainement pas des propos tels que ceux tenus par M.Vanackere lorsque les organisations syndicales ont signifié leur refus de participer au GT sur la formation continue.

Un véritable dialogue social impose que les décisions prises fassent l’objet de discussions approfondies en amont des décisions. Cela implique de laisser du temps aux élus pour qu’ils puissent travailler : il n’est pas acceptable que les documents soient donnés un lundi soir, uniquement sous forme électronique, pour siéger le mercredi à 9 h. Cela implique aussi de leur donner les documents nécessaires comme les TRMD d’établissements. Votre refus de mercredi dernier, nous l’interprétons comme une volonté de dissimulation et comme une confirmation de ce que nous dénonçons depuis longtemps.

un véritable dialogue social ne doit pas non plus se limiter à écouter pour maintenir ensuite l’intégralité du projet contesté, comme c’est le cas constamment, en particulier lors du dernier CTPA avec la fusion des ZR, projet adopté sans une modification par 10 voix contre 10.

un véritable dialogue social, enfin, se doit de respecter la tenue des instances. Or, nous assistons à une véritable mascarade depuis quelques jours : des GT avec des réponses qui sont annoncées pour les jours qui suivent, en tout cas après le CTPA du 28 mars, mais des collègues qui reçoivent leur courrier de mesure de carte dès le 24 mars ! Idem pour les CIO dont les fusions ont été annoncées dès le 21 mars.

Mme le Recteur, vous nous avez écrit pour dire votre volonté de mettre en place un tel dialogue social dans l’académie ; vous comprendrez que de tels actes ne nous incitent pas à y croire et qu’ils constituent même de véritables provocations aux yeux des collègues que vous incitez ainsi à trouver d’autres formes de protestations, puisqu’à vos yeux, les instances paritaires ne sont plus des lieux de débats et de décisions.

Nous terminerons sur 2 points :

la question des stagiaires et des M2. Là encore, le refus de cette situation a été unanime chez les organisations syndicales, même le président Sarkozy a semblé en être ému. Malgré tout, les impératifs budgétaires l’emportent et imposent l’injustifiable. Dans l’attente de la suppression pure et simple de ce dispositif pour les lauréats des concours et de l’arrêt de l’utilisation des M2 comme moyens de remplacement, nous demandons dans l’immédiat qu’un bilan soit fait dans l’académie, que le volume hebdomadaire du stage en responsabilité soit diminué, que la formation des PLC soit déplacée en début d’année et que les stagiaires ne soient pas baladés dans toute l’académie lors du stage massé.

La question des ECLAIR enfin : ces derniers jours, quelques établissements ont été contactés dans l’urgence afin que vous puissiez envoyer une liste complémentaire au ministère, liste qui ne deviendra officielle qu’après validation par celui-ci. Pourtant nos collègues peuvent postuler sur des postes spécifiques dans des collèges encore non CLAIR, dans le flou le plus total sur ce qui leur sera demandé, et notamment sur la durée de 5 ans. La FSU constatant que le dispositif ECLAIR est un outil supplémentaire de déréglementation appelle les personnels à refuser d’y entrer.


Dialogue social dans l’académie : qui y croit encore ?
Le 07/02/11

Le comité technique paritaire académique a eu lieu le 25 janvier. La FSU a fait la demande officielle à la rectrice d’avoir connaissance des dotations lycées et LP transmises aux chefs d’établissement 5 jours avant la tenue de l’instance officielle censée en débattre et en voter ! Nous avions dénoncé cette situation en totale contradiction avec les propos tenus par la rectrice dans les médias et démentis dans les faits.

Vendredi 4 février, les élus des personnels n’ont toujours pas reçu les dotations qui sont actuellement discutées dans les établissements. Nous les aurons ce soir, peut-être lundi .... De qui se moque t-on ?

Les élus qui siègent dans les instances sont les représentants des personnels élus démocratiquement lors d’élections professionnelles auxquelles participent près de 70 % des personnels. A travers eux, c’est l’ensemble des personnels qui est méprisé par un rectorat qui multiplie les provocations (470 suppressions de postes pour plus de 3300 élèves en plus à la rentrée) et les atteintes à la réglementation (autorisation de supprimer des postes pour des personnels désignés par le fait du prince et non pas selon les critères transparents établis pourtant par le rectorat lui-même ; pérennisation de postes de stagiaires provoquant une dégradation de situations pour les personnels titulaires obligés de quitter un établissement ou de compléter son poste ailleurs).


Compte rendu FSU du CTPA du 25 janvier 2011
Le 25/01/11

Dotations – Rentrée 2011
Le comité technique paritaire académique s’est tenu mardi 25 : les proviseurs peuvent donner officiellement les dotations en lycée ; les dotations collège viennent d’être communiquées aux organisations syndicales (le SNES vous informe dès traitement des données).

Les conseils d’administration doivent faire remonter les TRMD pour le 7 mars en lycée, pour le 19 février (jour des vacances) dans les collèges.

Le SNES académique a déposé des préavis de 24 h du 22 janvier au 19 février pour couvrir les actions locales en complément de l’appel à la grève nationale le jeudi 10 février.

Rentrée en lycée : les propositions deviennent des décisions sans discussion !
Malgré les déclarations sur France 3, malgré un comité technique paritaire académique (CTPA) ayant duré de 9 h à plus de 14 h 30 et un vote indécis (10 voix pour, 10 voix contre), le projet rectoral de modifications des structures en lycée est entériné sans un seul changement, alors qu’il est déterminant pour le maintien ou non de classes, donc pour les suppressions de postes, mais aussi pour l’offre de formation à disposition d’élèves qui devront être beaucoup plus mobiles s’ils veulent suivre l’orientation choisie. Or, avec une moyenne de 59.9 % de CSP défavorisées (record en métropole), ce sont les élèves en difficulté sociale qui seront le plus touchés, avec le risque qu’ils quittent le système éducatif sans la qualification à laquelle ils pourraient prétendre.

La rectrice a affirmé qu’elle ne discuterait pas des lycées, puisque les calculs étaient basés sur des prévisions d’effectifs qu’elle n’entendait pas remettre en cause, aussi aberrantes soient elles (et de toutes façons, des réajustements pourront être faits en juin en heures sup ou en implantant un bloc de moyens provisoires et tant pis pour les collègues dont le poste aura été supprimé en février !).

La rectrice et le secrétaire général ont également confirmé ce que nous dénonçons dès le début, au contraire du SE-UNSA et du SGEN-CFDT qui ont voté pour la réforme des lycées et la soutiennent encore : les suppressions de postes sont liées à cette réforme ! La dotation en 1ère est calculée en fonction du nombre d’élèves (par « paquets » de 35) et non plus en fonction des séries S, ES ou L ; cette méthode de calcul sera généralisée aux 3 années du lycée à la rentrée 2012.

Autres informations qui nous ont été données :

les moyens qui avaient été donnés cette année en 2nde pour permettre l’ouverture d’un 3ème enseignement d’exploration technologique sont retirés ; le rectorat va prendre la main sur l’orientation en fin de seconde (avec le logiciel affelnet) pour permettre les changements d’établissement entre la 2nde et la 1ère ; la dotation en 1ère respecte la grille nationale à la virgule près, mais en ajoutant un peu de « souplesse » (20 à 30 h par établissement en fonction de sa taille) pour permettre de continuer à fonctionner en classes identifiées S, ES et L et pas en tronc commun indifférencié (« ce qui correspond pourtant à l’esprit de la réforme mais il faut être pragmatique »). Tous les établissements auront cette dotation supplémentaire, il faut utiliser cette information en conseil d’administration. Les sections euro sont considérées dans la dotation comme une option comme les autres (pas de dotation en plus donc) ; mais le rectorat convient qu’elles ne figurent pas dans la liste des options proposées dans la grille nationale ; pas de raison donc de limiter le droit des élèves inscrits en section européenne à suivre1 seule option en 1ère en dehors de la DNL (les textes prévoient 2 maximum, hors DNL) ! L’implantation des BTS sera dorénavant décidée en concertation avec les universités pour compléter (et non pour concurrencer) les IUT ou même un autre BTS du bassin.

TZR : ce sera bien la galère !
Concernant les fusions de zones de remplacement : une audience intersyndicale alibi nous a été accordée lundi 24. Nos arguments ont été écoutés mais pas entendus, le rectorat estimant que le paiement des frais de déplacement tarif SNCF (simple mise en conformité avec la loi !) et l’attribution de pts supplémentaires (40 pts par an sans limite d’années + 150 pts) compensaient largement le fait de passer de zones de 800 à 2000 km² (alors que le ministère préconisait le passage à des zones départementales, voire une seule zone académique en fonction des disciplines). Le secrétaire général nous a même affirmé que le paiement des frais de déplacement était une garantie pour les TZR qu’ils ne seraient pas envoyés loin de leur établissement de rattachement, puisque cela allait désormais coûter de l’argent au rectorat (nous avons exprimé nos doutes : si ce projet a vu le jour, c’est bien pour éviter le recrutement de « contractuels évitables » (terminologie officielle) car les TZR pourront désormais être envoyés dans toute l’académie, sans la protection du hors zone limitrophe).

Le SNES a remis les 2500 signatures recueillies à ce jour et entend continuer la résistance.

Baccalauréat
Et pour couronner le tout, comme le dialogue fonctionne bien dans l’académie, l’administration nous a accordé une réunion sur le baccalauréat...mais sans nous dire que l’arrêté académique avait été pris le 14/01 et diffusé le 24/01 aux établissements !


Déclaration FSU au Recteur lors du CTPA du 25 janvier 2011
Le 25/01/11

Puisque c'est encore l'époque des vœux, la FSU formule celui que, cette année enfin, les paroles se traduisent par des actes et donc que la rénovation du dialogue social ne soit pas seulement un texte de loi destiné à donner une façade honorable à nos gouvernants, mais sans effets concrets sur le terrain.

Cela semble pourtant mal parti dans notre académie, puisque vous avez mis à l'ordre du jour un point concernant le projet de fusion de zones de remplacement et n'avez consenti à donner une audience à l'intersyndicale hier, 5 semaines après qu'elle en ait fait la demande. Nous vous demandons de reporter cette question à la réunion d'une autre instance, ou même d'annuler ce projet, tant il est inacceptable de par les conséquences qu'il entraîne pour des personnels vivant déjà très mal leur situation de remplaçants (jeunes titulaires ou « bénéficiaires » de mesures de carte scolaire), et tant il est incompréhensible quand on connaît les très bons taux de remplacement qui placent notre académie au delà des objectifs nationaux de « rentabilité » des TZR. En demander toujours plus à des personnels pressurés, est-ce là votre façon de rendre attractives des professions dont les étudiants n'hésitent plus à se détourner ? Et l'argument financier (qui n'est qu'une mise en conformité avec la loi) ou les pts que vous rétablissez ne peuvent compenser la fatigue, la démotivation et la mise en échec professionnel qui ne manqueront pas d'accompagner l'augmentation des distances à parcourir.

Autre exemple de l'absence de dialogue social : nous pourrions croire qu'avec le développement des ENT, des TICE et de textes officiels qui obligent les enseignants à utiliser l'outil informatique, le rectorat allait donner l'exemple. Las, malgré des demandes répétées, vous nous fournissez encore des documents photocopiés (et mal photocopiés) : que devons nous en déduire, sinon qu'il s'agit de nous empêcher de mener à bien notre rôle d'élus des personnels ?

Enfin, la rareté de nos rencontres nous oblige à formuler de nombreuses questions diverses dont nous souhaitons qu'elles soient vraiment traitées et que les documents qui nous sont promis à chaque fois soient effectivement envoyés.

A noter que les élus des personnels ne sont pas logés à même enseigne que les chefs d'établissement, seuls destinataires des DHG dans les lycées et sommés de ne pas en parler, alors que les textes rappellent que ce sont les CA d'établissement et l'ensemble des représentants qui y siègent qui ont en charge la préparation de rentrée. La lourdeur des suppressions de postes explique sans doute les consignes de silence : des pertes allant jusqu'à 20 % des effectifs sont annoncées, des formations post-bac sont supprimées (et même retirées du site d'inscription pour les terminales alors que les décisions sont censées ne pas avoir encore été prises).

Venons en donc à la rentrée 2011 dans l'académie avec ses nouvelles annonces de suppressions : 470 suppressions dans le second degré, 336 dans le premier degré et 59 chez les administratifs, plus de 6000 depuis les années 90. Encore une fois, l'académie de Lille est frappée par un volume injustifiable au regard du solde positif des effectifs d'élèves en septembre prochain, de ses résultats aux examens et de sa situation économique et sociale (59.9 % de CSP défavorisées, plus de 12 % de taux de chômage, soit la dernière académie de la métropole selon ces critères). Autrement dit, rien ne justifie la nouvelle saignée à laquelle notre académie est promise pour la rentrée 2011, si ce n'est une volonté de démanteler l'Education nationale, dont les CLAIR sont le dernier avatar.

Il est en effet impossible retirer des moyens sans compromettre encore plus nos missions de service public :

  • Dans les écoles, la diminution régulière des moyens rend les conditions d'enseignement pour les élèves de plus en plus difficiles. Nous ne parlons pas là du dogme chiffré du taux d'encadrement mais de la dimension qualitative de l'enseignement. La diminution de la scolarisation dès deux ans, la diminution de la couverture des RASED, la diminution du nombre de remplaçants, ont affecté le quotidien des écoles. La mise en oeuvre au pas de charge des réformes éducatives visant à diviser par trois le nombre d'élèves en échec scolaire, alourdit la journée d'école et allonge le temps de classe pour bon nombre d'élèves. A ce sujet : Quand aurons nous un bilan quantitatif sur l'effet de baisse annoncée du nombre d'élèves en échec scolaire? Aurons-nous aussi des informations chiffrées et contradictoires sur les stages de remise à niveau, l'accompagnement éducatif, l'aide personnalisée comme nous l'avions eu lors du CTPA du 7 novembre 2008 ?

  • les collèges, quant à eux, sont déjà asphyxiés : effectifs en hausse, y compris en ZEP ; dizaines de postes restés vacants (en particulier en techno, ou en SEGPA) ; multiplication des compléments de service ; dégradation continue des conditions d'exercice ; alourdissement de la charge des professeurs avec le livret de compétences pour lequel la FSU appelle à un moratoire ;

  • Dans les lycées, c'est l'existence d'options, et même d'enseignements obligatoires qui est en jeu ; c'est aussi la mise en péril de la démocratisation de l'accès au secondaire et au supérieur par la disparition de la voie technologique et la fermeture de sections de STS et de CPGE. Mais la réforme des lycées et des STI ne fait pas que supprimer des heures et donc des postes, elle dénature aussi profondément nos métiers et provoque malaise chez les professeurs et leurs élèves en instituant un saupoudrage culturel avec les enseignements d'exploration et des séances d'accompagnement personnalisé sans contenus et qui n'ont de personnalisé que le nom

  • les postes de TZR sont notoirement en nombre insuffisant, ils devraient encore diminuer dans des disciplines sensibles comme en maths, et ce n'est pas en doublant le kilométrage qu'ils auront à effectuer que vous doublerez leur efficacité, bien au contraire.

La FSU entend porter le mécontentement des personnels et des usagers qui veulent entrer en résistance pour la défense d'une Education véritablement nationale, laïque et soucieuse de démocratisation : après la manifestation du 22 janvier, nous appelons à la grève nationale avant les vacances de février et à une manifestation nationale le 19 mars.


Déclaration FSU au Recteur lors du CAEN du 22 septembre 2010
Le 22/09/10

Avant d’aborder la partie à l’ordre du jour et le premier bilan d’une rentrée désastreuse, nous souhaitons vous faire part une fois de plus de notre mécontentement devant l’arrivée tardive des documents préparatoires, ce qui en dit long sur la conception dans notre académie et notre région du dialogue social. Le gouvernement a récemment entamé des discussions sur la rénovation de ce dialogue social : à aucun moment, il n’est question de nier le rôle et les droits de représentants des personnels élus démocratiquement. C’est pourtant ce que vous faites depuis des années en entravant notre travail et en refusant de faire jouer à cette instance le rôle qui devrait être le sien.

A ce propos, deux exemples retenus pour leur actualité :
en ce qui concerne la formation continue des personnels de l'Education nationale, les représentants des personnels ont été écartés des commissions d'attribution des stages. Cette conception du dialogue social est inadmissible. Elle s'accompagne d'une intervention accrue des chefs d'établissement pour limiter les possibilités de stage des personnels, alors que la durée annuelle moyenne de stage de formation continue est inférieure à 3 jours! La formation continue des personnels est un droit, déjà fortement mis en cause par la faiblesse des moyens mis en œuvre pour l'assurer. Nous attendons, Madame le Recteur, que vous réaffirmiez votre attachement à ce droit des personnels et que vous nous fassiez part des mesures immédiates que vous comptez mettre en oeuvre pour le faire respecter dans notre académie.
En ce qui concerne les dotations de fonctionnement aux EPLE, nous avions renouvelé l'an dernier, au CAEN du 5 octobre 2009, des demandes d'informations très précises sur des points permettant aux représentants des personnels de pouvoir évaluer correctement les orientations et propositions de la région dans ce domaine : un an après, aucun de ces documents ne nous est parvenu et la discussion pour 2011 s'engage dans les mêmes conditions!

Cette rentrée 2010 est une rentrée exceptionnelle par ses nombreux et graves dysfonctionnements, d’où l’appel de la FSU à de nombreuses actions dès la rentrée – distributions de courriers aux parents, journée de grève et de manifestation le lundi 6 septembre, jour de rentrée effectif dans le second degré.
Concernant les affectations des élèves d’abord et leur doublement : Même si les commissions de septembre ont fait un gros travail pour trouver des places aux centaines d’élèves restés sans solution alors qu’ils étaient encore sous obligation scolaire, des dizaines d’élèves dans chaque bassin n’ont à ce jour toujours pas de place dans un établissement scolaire : des entrants en seconde professionnelle, des diplômés de BEP à qui on refuse la possibilité de faire un bac pro…., sans oublier les doublants ou triplants de terminale obligés de changer de spécialité ou de ville… .Les conseillers d’orientation-psychologues reçoivent tous les jours des familles en situation difficile et choquées par ce qu’elles considèrent comme étant du mépris à leur égard.

La mise en place de la réforme du lycée en 2nde GT confirme toutes les critiques exprimées par le Snes, et rend la situation souvent tendue, voire ingérable, dans de nombreux établissements : cette réforme dérégule et désorganise le lycée, et nous continuons à en demander l’abrogation.
Ainsi, la réforme du lycée  a commencé par ajouter des inégalités dans les affectations et le choix des enseignements par les familles. Tout d’abord, l’information en direction des famille organisée par l’Institution au plus haut niveau a été calamiteuse - information la dernière semaine de mai pour une réponse sous 8 jours - et volontairement  confuse – confusion sur les Enseignements d’Exploration, silence assourdissant concernant les options facultatives(aucune possibilité de choix dans les fiches données aux familles, l’inscription n’étant enregistrée à aucune étape par l’administration mais uniquement à l’arrivée selon les possibilités du lycée obtenu…). Tout cela, il faut le dire, est le moyen idéal pour discréditer le Service Public National de l’Orientation Scolaire et pour diminuer volontairement le nombre d’élèves par option et donc mettre en cause l’existence même de ces dernières. Les conséquences ne se feront pas  attendre très longtemps : mort annoncée des bacs artistiques et technologiques…alors que la promesse du ministre était de rééquilibrer les séries et même d’en relancer certaines qui avaient permis une relative démocratisation du second degré… !
Mesure « phare » de la réforme,l'accompagnement Personnalisé se déroule dans le flou le plus indescriptible et de façon très différente dans les établissements, sans aucune logique pédagogique : quel avenir pour une Education nationale jusqu’ici synonyme d’égalité de traitement pour tous et sur tout le territoire  quand le cadre et les contenus différent tellement d’une académie, d’un établissement ou même d’une classe à l’autre ? Et ce d’autant plus que la gestion locale des heures à effectifs réduit renforce la différenciation des cursus, le tout au nom d’une idéologie de « l’adaptation locale » qui masque mal la logique sous-jacente de profilage et de mise en concurrence généralisée des établissements.
A la désorganisation du système éducatif s’ajoute une désorganisation interne dont les élèves et les personnels font les frais. Parce qu’on aligne les classes pour faire des groupes qui restent à l’horaire plancher, le groupe classe éclate et contribue à déstabiliser des adolescents souvent en mal de repères et qui ont besoin de cadres fixes et de stabilité. Pour la même raison,  les emplois du temps sont dégradés par le nombre d’alignements important notamment en LV, le manque de personnels de vie scolaire et de locaux adaptés empêche les élèves de mettre à profit les heures ainsi libérées en cours de journée, …. Bref, cette réforme apparaît bien pour ce qu’elle est : une façon d’imposer la dérégulation comme mode de gestion de la pénurie de moyens, avec des conséquences qui seront graves pour les élèves dont vous prétendez avoir le souci.
Une autre illustration de cette volonté de déstructurer l’enseignement se trouve dans les groupes de compétences, qui ne sont pas obligatoires, faut-il le rappeler, même si la réforme du lycée tente de les imposer. Aucun bilan contradictoire ni national ni académique n’a été fait des quelques dizaines d’expérimentations pratiquées depuis 2004 sur l’ensemble du territoire national. Cela en dit long sur le bien fondé présupposé de ces « groupes ». Ce que nous constatons par contre, c’est bien que leur mise en place, suite souvent à de très fortes pressions sur les équipes, sert à récupérer des postes d’enseignants de langues, quitte ensuite à renvoyer la question de la réussite scolaire hors temps scolaire par des annonces poudre aux yeux de stages pendant les vacances.
Les premiers effets de la réforme du lycée sont donc bien conformes à ce que nous avions annoncé, et sont plus qu’inquiétants pour le système scolaire. Ils viennent s’ajouter à des tendances lourdes que nous continuons de dénoncer : les effectifs en lycée sont partout à la hausse et les calculs savants pour manipuler les moyennes ne trompent personne : les secondes tournent autour de 34-35-36, les terminales dépassent souvent les 35…
Par ailleurs, cette réforme suit celle du bac professionnel, dont les effets sont tout aussi néfastes : En LP, la LV2 obligatoire  en bac pro tertiaires subit les mêmes dysfonctionnements que l’an dernier : non respect de la LV2 pour la majorité des élèves non hispanistes, double peine pour les germanistes LV1, limitation des dotations pour cette LV2…Visiblement, les exemples médiatisés de l’an dernier n’ont pas servi de leçon ; il faut dire que là aussi, on se heurte aux conséquences inévitables des suppressions de postes d’enseignants, qu’il devient difficile de nier tant elles sont visibles.

A cela s’ajoutent les remplacements non assurés de congés de maternité, de longue maladie ou, dans le second degré, les « bricolages » consistant à affecter un personnel d’une discipline sur un poste prévu pour une autre discipline, tout en l’obligeant à enseigner  dans  cette discipline qu’il ne maîtrise pas à coups de menaces de retraits sur salaires. C’est le cas des collègues de sciences physiques ou physique appliquée mis en mathématiques ou en LP en maths-sciences, de lettres affectés en latin, de STI en techno, etc … Ce procédé devient massif cette année et détourne de plus en plus des métiers de l‘Education de jeunes collègues qui étaient pourtant motivés à leur entrée dans l’Education nationale. Que dire aussi de cette conception que vous avez de nos métiers puisque vous considérez qu’il suffit d’être adulte pour faire cours ? C’est cette conception qui préside la désastreuse réforme de la formation des maîtres et qui va aboutir à de véritables catastrophes humaines : non content de les affecter à temps plein alors qu’ils sortent à peine de leurs cours théoriques, vous avez plongé nos jeunes collègues des lycées et collèges dans des difficultés supplémentaires en retardant l’affectation d’une partie d’entre eux jusqu’à 3 ou 4 jours de la pré-rentrée et en les laissant dans le flou le plus total sur l’organisation des premières semaines. Comment préparer des cours quand on est informé le samedi matin que l’on est en lycée ou en collège et qu’il faut en parallèle préparer un déménagement ? Car bien évidemment, les derniers affectés étaient les plus petits barèmes, donc ceux qui provenaient d’une autre académie. On nous indique que certains d’entre eux ont déjà démissionné, perdant ainsi le bénéfice d’un concours exigeant couronnant des années d’études. Nous souhaitons avoir un bilan chiffré et par discipline de ces démissions. Nous continuerons, avec l’ensemble de la profession, à dénoncer cette pseudo réforme dont l’unique but est de supprimer encore et encore des postes. Nous continuerons également à dénoncer les pressions inadmissibles que vous avez fait supporter à nos collègues qui se sont engagés dans le refus collectif d’être tuteur dans ces conditions dans le but d’obtenir une véritable formation professionnelle pour les stagiaires.
 L’école du XXIème siècle doit être un investissement durable et pas une source d’économies de bout de chandelles lourdes de conséquences pour notre pays.

La mise en place récente d'une conférence ministérielle sur les rythmes scolaires, qui doit rendre compte de ses travaux au printemps,  impose un calendrier serré pour rencontrer les collègues sur ce dossier particulièrement complexe, articulant de nombreux enjeux du point de vue de l'enfant, des personnels enseignants et des différents partenaires éducatifs. Les annonces faites sur l’ouverture d’expérimentation à la prochaine rentrée n’augure pas le respect d’un réel débat. La FSU demande que dans le cadre de ces instances consultatives tant au niveau académique que départemental des réunions sur ce thème durant cette année scolaire .Le rythme scolaire ne doit pas simplement se résumer à un « remaniement du calendrier scolaire » ou être le prétexte à de nouvelles suppressions de postes et dégradations statutaires..
 
Le gouvernement vient de mettre en place les internats d’excellence : l'expérimentation a été inexistante, il ne s'agit que d'un coup de publicité masquant la poursuite de la casse de l'éducation prioritaire. La prudence serait nécessaire notamment au moment où les effets néfastes de la suppression de la carte scolaire viennent d'être démontrés. Cette décision s'appuie sur un modèle de l'école inégalitaire dont nous ne voulons pas : une école à deux vitesses, qui refuse l'excellence pour tous mais cherche à extraire une petite élite sortie du peuple en laissant le plus grand nombre à l'écart. Une école qui sous prétexte d'égalité des chances, individualise et fait porter sur l'élève et sa famille la responsabilité d'un échec. A cela, nous préférons une école qui intervient là où sont les élèves dans leur diversité et sans créer de ghettos.

La réforme des concours et de la formation des maitres, imposée contre l’ensemble de la communauté éducative, combinée à la mise en œuvre de l’autonomie des universités, produit des dommages collatéraux tout à fait scandaleux : certains candidats aux concours, parfois personnels de l’éducation nationale, désireux de s’inscrire en M2 « métiers de l'enseignement » à l’université d’Artois, sont empêchés de le faire pour des raisons financières. Ainsi, un AED inscrit l’année dernière au CNED (et admissible au CAPLP), bénéficiant des mesures transitoires, se voit réclamer la somme de 5600 euros, parce que l’université d’Artois prétend l’obliger à s’inscrire en formation continue, pour des raisons diverses et fallacieuses (interruption d’études, agent à temps plein, etc). En sus, il semble que la DAFOP ait rejeté sa demande de financement. Il est évident qu’une telle somme n’est pas envisageable, et que cette barrière financière à l’inscription aux concours est insupportable. De la même manière, une collègue PE en congé formation, qui désire s’inscrire en M1 dans la même université, se voit réclamer 2000 euros de frais d’inscription. Plusieurs autres cas nous sont signalés ; cette pratique est d'autant plus inacceptable qu'elle ne se prévaut d'aucun texte. Pouvoir se présenter aux concours de l’Education Nationale va-t-il devenir un privilège réservé aux personnes suffisamment fortunées ?
Nous souhaitons conclure cette déclaration par une protestation vigoureuse contre la politique discriminatoire du gouvernement à l'encontre d'une partie de la population du pays. Les propos tenus par des membres de l'exécutif national et les initiatives menées depuis cet été sont en contradiction avec les principes de notre république ; au delà de l'émotion et de l'indignation qu'ils soulèvent parmi les démocrates, nous tenons à évoquer les répercussions d'une telle politique au sein des établissements scolaires.


Année 2009 - 2010

Supports stagiaires à la rentrée 2010 : du nouveau !
Le 17/06/10

Pétitions de refus collectif des stagiaires temps plein et bilan des remontées de pétitions

Actuellement 118 collèges et lycées ont renvoyé leurs pétitions

Le rectorat nous a transmis ce jeudi 17 juin une liste réactualisée des supports stagiaires EPS (pdf 9 ko).

1 support EPS a été rajouté soit un total de 22 supports stagiaires EPS correspondant au contingent ministériel attribué pour l'académie de LILLE.

Plus que jamais, il faut signer et faire signer le refus collectif d’être tuteur (à renvoyer au SNEP, au recteur et aux IPR). Voir ici


Supports stagiaires à la rentrée 2010 : du nouveau !
Le 11/06/10

Pétitions de refus collectif des stagiaires temps plein et bilan des remontées de pétitions

Actuellement 118 collèges et lycées ont renvoyé leurs pétitions

Le rectorat nous a informé lors de la remise du projet de mouvement intra le vendredi 11 juin de changements concernant les supports stagiaires EPS (pdf 17.3 ko).

Les nouveautés en EPS :
sur les 21 supports stagiaires EPS , 3 supports supprimés, 1 rajouté.

Plus que jamais, il faut signer et faire signer le refus collectif d’être tuteur (à renvoyer au SNEP, au recteur et aux IPR). Voir ici


Supports stagiaires à la rentrée 2010 : du nouveau !
Le 01/06/10

Pétitions de refus collectif des stagiaires temps plein et bilan des remontées de pétitions

Le rectorat nous a donné un document papier mercredi 26, sans mettre en évidence les changements, avec des communes non classées par ordre alphabétique (sans doute pour que nous ne puissions pas l’exploiter rapidement, raté !).

Les nouveautés en EPS :
sur les 21 supports stagiaires EPS initiaux, 3 supports remplacés.

L’ensemble reste inadmissible ! Des supports sans tuteurs, où le stagiaire sera le seul enseignant de la discipline dans l’établissement, des supports éloignés des centres de formation, ….

Plus que jamais, il faut signer et faire signer le refus collectif d’être tuteur (à renvoyer au SNEP, au recteur et aux IPR). Voir ici


Compte rendu du CTPA du 03 mai 2010
Le 10/05/10

Les recteurs passent, les discours sur la « surdotation » de l’académie restent.
Le comité technique paritaire s’est tenu le 3 mai de 9 h 30 à 13 h 30 en présence de la nouvelle rectrice, Marie-Jeanne PHILIPPE. Le SNES a ensuite été reçu en audience de 18 h à 20 h le même jour.

En introduction, Mme le recteur nous a rappelé les chiffres de baisse démographique (- 73 000 en 10 ans) contre « environ 3000 » postes en moins. Première divergence avec la FSU : nous totalisons 5555 suppressions sur la période 2001-2010, puisque nous comptabilisons les retraits d’emplois réels, comme cette année avec la suppression des stagiaires 6-8 h.
Lire


Déclaration FSU au Recteur lors du CTPA du 03 mai 2010
Le 10/05/10

Madame le Recteur vous arrivez dans une acad émie qui a subi beaucoup plus de suppressions de moyens qu’ailleurs, que ce soit en chiffres bruts ou en pourcentages, alors que les résultats scolaires nous placent en fin de peloton, et qu’une bonne partie de nos établissements sont à juste titre classés en éducation prioritaire (ce qu’oublient régulièrement les statisticiens qui établissent des moyennes d’élèves par enseignant, donnant ainsi l’illusion d’une surdotation lilloise).

Il y a une dizaine d’années, vos prédécesseurs avaient tenté de nous rassurer en nous expliquant que la baisse démographique à venir permettrait d’améliorer des conditions de travail déjà particulièrement difficiles à l’époque. Force est de constater que les promesses n’engagent que ceux qui les croient : le dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur 2 et les coupes budgétaires qui en résultent sont passés par là. Les suppressions continuent donc à pleuvoir et nous faisons année après année le constat que, s’il est difficile de créer un poste, le supprimer est aisé (il faut en général plusieurs centaines d’élèves en plus pour obtenir un poste, alors que 7 ou 8 élèves en moins entraînent une suppression quasi systématique). A terme, la hausse démographique ne nous permettra pas de récupérer ce que nous aurons perdu. Cette année, vous n’avez même pas ce prétexte de la baisse démographique puisque les effectifs progressent en collège, en 2nde, et donc dès l’année prochaine dans les autres niveaux du lycée. Au lieu d’anticiper la situation, vos services ont eu à gérer une nouvelle ponction de 646 postes, alors que nous manquons d’enseignants (75 en technologie, 120 en documentation, sans compter les disciplines professionnelles toujours déficitaires …), alors que se faire remplacer relève du parcours du combattant et que des établissements sont toujours sans CPE ou en nombre insuffisant pour fonctionner correctement..

Les réformes que nous contestons sont tombées à point nommé pour remplir ce premier objectif que vous vous êtes fixé : – - 241 postes supprimés en lycée pour une réforme qui consiste à diminuer les horaires disciplinaires des élèves, à faire du saupoudrage culturel en introduisant des enseignements d’exploration d’1 heure 30 par semaine que se partageront 3 professeurs (MPS), à donner l’illusion d’un accompagnement personnalisé dans le meilleur des cas à 17 élèves alors qu’il se déroulait jusqu’à présent à 8, à diminuer l’offre de formation, à mettre en concurrence les enseignements, à détruire le droit à un service public d’éducation en transférant sur les enseignants des missions qu’ils sont dans l’incapacité d’assumer. – L’équivalent de 220 postes est également supprimé pour mettre en place une formation des maîtres et des CPE unanimement rejetée et qui s’annonce comme une catastrophe du point de vue des élèves comme des futurs enseignants, A t-on jamais vu former quelqu’un à autant de responsabilités en le mettant directement à temps plein sur le terrain, sans formation préalable ? Nous n’acceptons pas cet acharnement à ne pas comprendre qu’enseigner, ça s’apprend et pas n’importe comment. A moins que le but visé ne soit purement et simplement la destruction de l’Ecole publique ? La FSU appelle les tuteurs potentiels dans le 2nde degré à ne pas s’en rendre complices en refusant collectivement de devenir maîtres de stage dans de pareilles conditions. Dans le premier degré, les personnels ayant une certification (CAFIPEMF) sont les seuls qualifiés à prendre part à la formation des enseignants. La FSU demande l’augmentation du nombre de ces personnels formés et donc l’augmentation de stage pour l’obtention du CAFIPEMF. De fait, elle s’oppose au recours de personnels non formés pour participer au tutorat des fonctionnaires stagiaires. – dans les services académiques, les suppressions d’emplois continuent à un rythme effréné avec encore cette année 42 postes en moins après 28 en 2008 et 34 en 2009. Cette situation va mettre encore plus les collègues en difficulté pour assurer leur travail quotidien. Cela va également avoir pour conséquence des services non-rendus aux parents, aux élèves et aux différents personnels. La mutualisation des moyens mis en place depuis deux ans montre aujourd’hui ces limites et nos collègues élus au CTPS attendent toujours le compte rendu de la dernière réunion pour connaître dans le détail l’organisation que vous programmez pour l’année prochaine..

Vous arrivez donc dans une académie qui a le sentiment d’être sacrifiée. Vous nous expliquerez sans doute, comme vous l’avez fait sur France 3, que nos chiffres sont faux et qu’il n’y a pas de lien entre les suppressions de postes et le succès scolaire, puisque nos résultats progressent. Nous n’osons imaginer ce qu’ils seraient si vous répondiez à nos revendications ! Plus sérieusement, vous comme nous, ne sommes pas dupes des chiffres de réussite d’examens dont la part d’évaluation locale ne cesse d’augmenter. Par contre, nous sommes inquiets devant des résultats de Lille qui font état de trop nombreuses sorties d’élèves sans qualification (phénomène qui va s’aggraver avec la réforme du bac pro), d’une sous représentation de l’enseignement général et technologique par rapport à la moyenne nationale, d’un déséquilibre à l’intérieur des séries, du manque d’ambition en général de nos élèves (il faut dire que passer sa scolarité dans des classes bondées n’aide pas à résoudre ses difficultés). Un de nos seuls motifs de satisfaction, la scolarisation des 2 ans, disparaît depuis quelques années. Là encore, la logique comptable a eu raison de la logique tout court et pénalise les familles et les enfants dont l’entrée en classe est reculée..

Vous arrivez enfin dans une académie où les personnels vivent très mal l’évolution récente de leurs métiers : – peur d’être le dernier arrivé et de partir en mesure de carte scolaire même après 10 ans passés dans l’établissement ; – mobilité choisie rendue quasi impossible cette année avec le blocage de 407 postes dans le 2nd degré, y compris des postes très attractifs attendus par des personnels ayant accumulé pour cela des points ZEP ; – pressions pour prendre des heures sup ou assurer des enseignements hors discipline de recrutement ; – nombre d’élèves qui augmente par classe (nous ne faisons pas cours à des moyennes, et nous constatons chaque jour cette augmentation en collège ou dans une classe aussi importante que la classe de 2nde qui tourne de plus en plus souvent autour de 35 élèves) – diminution de la part du disciplinaire dans l’enseignement au profit de compétences transversales (à la mode pour combien de temps encore ?), compromettant les possibilités d’accès dans le supérieur pour nos élèves ; – menaces de retrait sur salaires ou retraits sur salaires pour des personnels qui défendent le service public d’Education, comme cela l’a été pour les professeurs de philosophie en juin ou la semaine dernière pour les personnels du collège Martin Luther King de Calais qui exercent à juste titre leur droit de retrait..

Vous comprendrez que les annonces récentes sur la réforme des retraites et le matraquage médiatique qui s’en est suivi sur les fonctionnaires sont d’autant plus mal vécus par des personnels qui ont l’impression de donner beaucoup et de ne rien recevoir en échange, si ce n’est du mépris (mépris encore montré dernièrement à l’occasion de la publication de la note de service mutations rectorale qui valorise les affectations illégales hors discipline, de même que lors des annonces sur la pseudo-revalorisation ou, bien souvent au cours des audiences accordées aux établissements- lorsqu’ils ont été reçus)..

Il est donc impérieux que l’Education nationale renonce à la logique étriquée de la calculette et aux médiocres calculs de rentabilité à court terme pour se fixer, à nouveau, les objectifs ambitieux d’un service public au sein d’une société démocratique, en s’en donnant les moyens. Il s’agit en effet d’assurer une formation initiale de qualité pour tous les enfants et jeunes de ce pays, de contribuer à leur épanouissement, de créer les conditions du vivre ensemble et de l’exercice responsable de la citoyenneté..

En ce qui nous concerne, ce sont les aspirations qui nous portent et nous font agir. Dans quelle mesure sont-elles entendues par ceux qui nous gouvernent et légifèrent aujourd’hui ?.


Stagiaires 2010 : organisons le refus collectif !
Le 30/04/10

Pétitions de refus collectif des stagiaires temps plein et premier bilan des remontées de pétitions

Reçus aux concours 2010 n’ayant effectué que la moitié du cursus master et directement à temps plein (ou presque) devant les classes, collègues et établissements sommés de les accueillir dans les pires conditions, demandeurs de mutations floués, élèves "cobayes", parents trompés,... tout le monde est pénalisé (dont plus d’un 1,5 millions d’élèves), tout le monde doit être solidaire dans l’action. A terme, c’est toute l’école qui est fragilisée et notre métier qui est dévalorisé. Enseigner serait-il le seul métier qui ne s’apprend pas ? !

Un pouvoir fragilisé, des Recteurs en grande difficulté

La longue lutte menée depuis 2 ans sur la formation des enseignants avait contraint le ministère à prévoir qu’un tiers du temps de service des lauréats aux concours de recrutement soit consacré à leur formation professionnelle. Insuffisant à nos yeux, mais mieux que la suppression totale initialement prévue, le ministère fait tout pour remettre cette mesure en cause, par exemple en comptant le temps de tutorat (prévu hors temps de service) dans celui-ci.

Le ministère a renvoyé sur les recteurs la mise en œuvre de la réforme en leur ayant au préalable supprimé les moyens notamment en terme d’emplois (dont 16 000 emplois de stagiaires récupérés suite à la réforme!).

Résultat  dans l’académie de LILLE : service des collègues stagiaires EPS sur un temps complet à 20 heures ; affectation sur 21 supports complets retirés des postes mis au mouvement intra académique des personnels ; certaines affectations sur 2 établissements, 216h de formation en cours d’année desquelles il faudra enlever ce qu’on appelle « le compagnonnage », c'est-à-dire les heures passées par le tuteur au fond de la classe (et inversement), formations hors-temps de travail et quelques stages à l’université ou l’IUFM avec remplacement le plus souvent par un étudiant en deuxième année de master qui prépare le concours, tuteurs non déchargés de cours et pas toujours dans l’établissement du stagiaire : comment pouvoir rendre visite au stagiaire ou le faire venir dans les cours du tuteur, analyser les séquences quand tous deux ont un temps plein ?, minimisation du rôle des IUFM, …

21 postes EPS vacants bloqués

L’an dernier, 135 collègues ont muté ; bloquer 21 postes revient à dire que cette année, le mouvement sera plus que réduit. Cela signifie également que les 18 collègues envoyés en mesure de carte scolaire seront affectés après les stagiaires ! Pour d’autres enfin, la liste des postes bloqués réduit à néant l’espoir de revenir dans un établissement qu’ils avaient quitté l’an dernier ou un peu avant, suite à une mesure de carte scolaire.

Agir collectivement

Cette situation difficile nous offre paradoxalement la possibilité de mettre en grande difficulté l’administration de l’Education Nationale. C’est pourquoi nous te proposons, avec les collègues autour de toi, d’exprimer collectivement votre refus de la réforme et votre solidarité avec les néo recrutés 2010, en refusant les conditions d’entrée dans le métier qui leur sont faites.

Cela passe dans ton établissement, simultanément ou non, par :

  • le refus du placement des stagiaires à temps complet à la rentrée et l’exigence d’une formation au moins à mi temps avec des conditions proches de celles des années passées avec rôle important des IUFM, condition indispensable à une bonne formation ;
  • la contestation de l’implantation de « postes berceaux » pour l’affectation des stagiaires, issus de la transformation de postes vacants ou libérés ;
  • la proposition d’implantation de «  berceaux » de, au maximum, un ½ service, AS comprise, à partir des blocs de moyens provisoires (BMP, blocs d’HSA) ;
  • la mise en suspens de l’accord d’être tuteur à la rentrée prochaine, si les conditions de stage ne sont pas modifiées (nous rappelons que la charge de tuteur ne relève d’aucune obligation réglementaire de service, et donc ne peut en aucun cas être imposée à quiconque) ;
  • l’explication aux parents pour leur dire qu’il est de notre responsabilité d’accueillir les jeunes enseignants dans de bonnes conditions et que la réforme de la formation ne le permet pas.

En même temps, il nous faut poursuivre nos actions pour l’emploi et l’augmentation des recrutements, pour l’amélioration des conditions de travail et d’emploi, contre les HSA, etc.

Enrayer l’engrenage et peser pour un abandon de cette réforme et une remise à plat totale !

Nous disposons avec cette modalité d’action d’un formidable moyen de pression pour obliger le recteur à revoir sa copie, dans l’intérêt de tous. Rien ne peut être mis en place sans la participation effective des collègues !

Le SNEP met à disposition des exemples de pétition et d’intervention en CA (pdf 105 ko) à faire signer et à envoyer (par voie hiérarchique et directement) au recteur et à l’IPR de la discipline, que votre établissement soit concerné ou non par un poste stagiaire (la liste est évolutive et le tuteur ne sera pas forcément dans le même établissement que le stagiaire).

Nous vous appelons à signer, si ce n’est pas déjà fait, la pétition « 100 000 voix pour la formation des enseignants ».

Un mot enfin pour dire que ce n’est pas à la rentrée 2010 qu’il faudra envisager de mettre en œuvre cette action, mais avant les congés d’été. Il y a donc urgence à débattre collectivement dans les établissements, à prendre des décisions de positionnement, d’action et d’intervention auprès des IA-IPR EPS et du recteur.

A bientôt donc, ensemble, nombreux, dans l’action collective

Nous sommes tous concernés, il nous faut tous réagir !

- Les futurs lauréats des concours et les stagiaires qui vont doubler : être affecté à temps plein dès la rentrée est inconcevable pour quiconque a déjà eu des classes en charge.

- Pour les tuteurs et maîtres de stage : le rectorat entretient le flou sur les conditions de rentrée. Le scénario le plus probable est de décharger le tuteur quelques jours voire quelques semaines à la rentrée pour qu’il suive son stagiaire (comment imaginer sinon trouver une plage horaire commune aux 2 quand les 2 sont à temps complet ?). Ne pas prendre personnellement en charge ses élèves à la rentrée est inconcevable pour quiconque a déjà eu des classes en charge, c’est en effet dans les premiers jours que l’année se joue.

- Pour les collègues qui souhaitent muter : 21 postes EPS sont bloqués au mouvement, c’est énorme quand on sait que l’an dernier il y a eu au total 135 mutations EPS en établissement réalisées dans l’académie !

- Pour les parents, les élèves et les équipes pédagogiques : il faudra gérer les périodes d’absence de plusieurs semaines pendant lesquelles le stagiaire sera en formation (l’académie sera t-elle en mesure de le remplacer et de le remplacer par un personnel qualifié ?). Par ailleurs, placer les lauréats de concours dans de telles conditions, c’est s’exposer à une inflation du nombre de démissions en cours d’année.


Déclaration FSU au Recteur lors du CTPA du 22 mars 2010
Le 29/03/10

Le CTPA qui se tient aujourd’hui doit traiter de la préparation de rentrée 2010 dans les lycées, à la veille d’une grève nationale interprofessionnelle, faisant suite à une grève nationale 2nd degré qui a montré l’exaspération des personnels dans l’académie : des établissements, lycées comme collèges, ont fait grève à plus de 80 % ; certains continuent à mobiliser, et leur mobilisation est symptomatique : il ne s’agit pas seulement de lutter contre des suppressions de postes d’autant plus insupportables qu’elles s’accompagnent d’une explosion des heures sup (environ 14 % des dotations), il s’agit également de combattre l’esprit de réformes idéologiquement contestables et imposées dans le but de répondre au dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Il n’est pas anodin que ce soient des lycées comme Fénelon Lille ou Châtelet Douai qui soient actuellement à la pointe de l’action, avec le soutien de la FCPE et même de la PEEP. Peu à peu, nos collègues, les élèves, leurs parents comprennent les tenants et aboutissants de la réforme des lycées, de l’appauvrissement culturel qui va en résulter et des choix idéologiques qui y sont liés, tout comme ceux de la réforme de la « formation » des maîtres. La tension monte et nous n’excluons pas un mouvement qui s’inscrive dans la durée, y compris pendant la période des examens.

Aujourd’hui, c’est la situation des lycées qui nous intéresse. Le GT préparatoire s’est tenu dans des conditions difficiles : TRMD encore non remontés pour 7 établissements, heures sup non réparties entre disciplines ou assimilées à un magot caché dans la ligne « provençal » ou « arménien », établissements utilisant plus que le nombre d’heures postes qui leur est alloué, anticipant des décharges qui n’arriveront peut-être jamais, etc … Pour les décharges syndicales notamment, nous vous demandons de toutes les transformer en HP dans les établissements et pas uniquement celles qui porteraient sur un demi service (cela ne concerne que 2 militants SNES). Bref, il a été impossible de travailler, nos collègues vont encore rester dans l’incertitude sur leur avenir car la réunion d’aujourd’hui ne nous apportera guère de réponses, tout au moins vous n’en donnerez pas dans le cadre de ce CTPA, les informations seront dispensées au compte-goutte, après coup, quand il ne sera plus possible de réagir de façon paritaire. Ce n’est pas la bonne volonté ou l’investissement des services de la DOS que nous mettons en cause, mais bien la volonté politique et le cadre qui nous sont imposés, à eux comme à nous. Il est évident que la rentrée n’est pas possible avec la dotation donnée à l’académie, et on aura beau jouer la montre pour essayer de faire accepter les heures sup aux personnels, les volumes seront tels à la rentrée qu’ils seront impossibles à assumer (il n’est pas rare de compter 5 ou 6 heures sup par collègue), surtout que la réforme des lycées aura augmenté en plus le nombre de classes prises en charge dans le cadre de l’obligation réglementaire de service. Il est évident aussi que la réforme des EPLE a tenté de remettre en cause la démocratie dans les établissements en empêchant le débat interne et l’élaboration de contre-propositions, et qu’elle a compliqué la tâche de tous en multipliant les réunions et en impliquant des remontées tardives. Nous vous demandons de faire remonter au ministère ces difficultés afin que le décret EPLE soit abrogé.

Puisque le CTPA doit traiter de l’implantation en établissement des stagiaires, nous aimerions connaitre l’auteur de la dénomination de « berceaux ». Un tel cynisme mérite en effet d’être salué. Ainsi se maintient l’infantilisation des lauréats aux concours qui seront affectés à plein temps, puis retirés quelques semaines en cours d’année pour les former, remplacés (peut-être) par d’hypothétiques TZR, plus sûrement par des étudiants, voire des retraités. Cette idée est tellement invraisemblable qu’il fallait un gouvernement voulant détruire le service public pour l’inventer. Cette réforme qui nie la nécessité d’avoir une formation professionnelle de qualité, c’est du mépris pour nous qui avons à former quotidiennement des élèves, c’est du mépris pour ces mêmes élèves qui auront face à eux en un an 3 enseignants différents et sans doute inexpérimentés que vous condamnez à des débuts extrêmement difficiles, au risque d’un échec final voire à une issue fatale sur un plan professionnel. Qui aura dorénavant envie de devenir enseignant ou CPE dans ces conditions ? C’est aussi une indifférence inadmissible vis-à-vis des collègues qui verront encore s’éloigner des possibilités de mutation. Et puisque ces collègues sont considérés comme des moyens à temps plein, nous demandons que leur affectation fasse l’objet d’un même traitement paritaire que celui des personnels titulaires. En développant l’amertume des enseignants, en détournant les étudiants de leur vocation, en prenant le risque d’une nouvelle crise du recrutement, en cassant la formation, le ministère prend une responsabilité lourde vis-à-vis de l’avenir. Vous aurez réussi en peu de temps à développer le malaise enseignant, cela n’aura pas été facile, mais vous y aurez mis les moyens.

Enfin, vous nous avez annoncé un redéploiement des CPE. Le mouvement intra commence le 26 mars : imaginez vous vraiment annoncer 2 ou 3 jours avant au mieux à ces collègues qu’ils vont perdre leur poste alors que rien ne les y préparait ? Nous vous demandons de différer vos décisions à l’année prochaine.

Pour terminer, nous voulions vous faire part d’une situation qui nous a profondément choqués : vendredi 12 mars dernier, un IPR de mathématiques a maintenu une inspection d’une stagiaire et d’une TZR dans un établissement majoritairement gréviste qui faisait en plus l’objet d’une opération « lycée mort ». Nous ne connaissons pas ces collègues, mais il nous semble qu’il s’agit d’une première. Nous souhaitons qu’un rappel déontologique soit fait pour que de telles situations ne se reproduisent pas : quelle valeur a en effet une inspection réalisée ainsi, alors que les enseignants étaient dans l’incertitude de savoir s’ils auraient des élèves ou non, et dans quelles dispositions seraient ces élèves ? Cela nous paraît d’autant plus grave qu’une validation de stage est en jeu.


Déclaration CGT Educ’action - FSU – SNFOLC - SNETAA- Sud éducation- CNT lors du boycott CTPA du 18 mars 2010
Le 20/03/10

La mobilisation des personnels du 2nd degré a été forte dans l’académie de Lille le vendredi 12 mars (grève suivie à 60%, 3000 manifestants à Lille…). De nombreux établissements restent mobilisés dans toute la région contre la politique éducative du ministère (suppressions de postes, réforme du lycée, réforme des EPLE, réforme de la formation des maîtres, développement de la précarité…).

A cette mobilisation, le Rectorat ne répond que par le mépris, et par des annonces irréalistes (accueil des stagiaires lauréats des concours à la rentrée 2010, forte augmentation du nombre d'heures supplémentaires par enseignant), qui compromettent le fonctionnement correct des établissements.

Face à cette absence de réponse de la part du Rectorat, l’intersyndicale appelle tous les personnels à poursuivre et amplifier l’action dans l’académie.

Pour toutes ces raisons, et pour soutenir les établissements actuellement en lutte, la FSU et la CGT boycottent ce CTPA et appellent à faire massivement grève et à manifester le mardi 23 mars en joignant les revendications de l’éducation à celles de l’ensemble de la fonction publique.


Déclaration FSU au Recteur lors du CTPA du 1er mars 2010
Le 01/03/10

[seul le SGEN a fait aussi une déclaration, la CGT et le SE-UNSA n’ont pas profité de cette réunion en présence du recteur pour s’exprimer]

L’académie de Lille va accueillir 1321 élèves en plus à la rentrée 2010 et perdre 646 postes ; malgré les promesses du ministre, les faits prouvent que les réformes contestées par la majorité des collègues suppriment des postes, que l’offre de formation va en diminuant.

Dans le même temps, les futurs lauréats des concours vont subir une réforme catastrophique qui va les mettre sur le terrain à temps plein à peine sortis de l’université, sans formation professionnelle, en annualisant à la fois leur stage et la période de formation, sans que l’on sache qui assurera cette formation, ni où.

Et tout cela dans la plus totale des improvisations : préparation de rentrée dans les lycées avec volte-faces sur les enseignements d’exploration (sans dotation supplémentaire) qui empêchent tout travail sérieux ; début du mouvement intra sans que soient connues les modalités d’affectation des futurs stagiaires (qui pourraient bloquer le mouvement) ou les suppressions à l’IUFM.

La logique voudrait qu’une société du XXIème siècle fasse tout pour assurer l’avenir de ses enfants et qu’elle choisisse d’investir dans l’Education durable ; au lieu de cela, c’est la logique comptable qui prime, les discours sur la priorité nationale que doit être l’Education ne sont que du vent et notre gouvernement préfère donner plusieurs milliards en cadeaux fiscaux à quelques privilégiés et économiser quelques millions sur le dos des élèves du service public.

Nous avons fait les comptes : Dans le premier degré la disparition de la formation initiale et l’utilisation des PE stagiaires comme moyens de décharge des directrices et directeurs d’écoles de 4 classes entraîne le besoin de créer 120 postes. Si on appliquait des effectifs de 24 élèves en collège et 20 en RRS, si on limitait à 30 élèves la taille des classes en lycée, c’est d’environ 1 300 postes dont nos élèves auraient besoin dans le 2nd degré dans l’académie, soit 38 millions … une paille comparée aux 13 milliards annuels de la loi TEPA. Et après, l’on voudrait faire croire que c’est la fonction publique qui grève le budget de la France …

Si des postes sont supprimés, c’est en raison de la volonté gouvernementale de ne pas remplacer un départ en retraite de fonctionnaire sur deux ; et comme les dizaines de milliers de suppressions qui ont déjà eu lieu compromettent le fonctionnement des établissements scolaires, les ministres Darcos et Chatel ont mis en place une réforme des lycées qui va permettre à nouveau de substantielles économies à court terme, mais avec quels dégâts sur le long terme ! En effet, la réforme des lycées qui nous est imposée diminue les horaires disciplinaires, au détriment des élèves les plus fragiles qui ne peuvent pas bénéficier d’une aide chez eux. Cette diminution est la suite logique de la mise en place du socle commun et des horaires planchers en collège qui aboutissent à ce qu’un élève qui arrive en 2nde ait l’équivalent d’un an de cours en moins en maths et en français qu’un collégien d’il y a 20 ans. Ce n’est pas le niveau qui baisse, ce sont les horaires !

La réforme Chatel introduit également de nouveaux enseignements qui relèvent du saupoudrage culturel (un enseignement scientifique d’1 h 30 assuré par 3 professeurs de 3 disciplines différentes, 30 mn chacun), de nouveaux programmes qui sont rédigés à la hâte, sans que l’on sache ce qui est prévu pour le cycle terminal et pour le bac.

Elle remet en cause des séries qui fonctionnaient, malgré ce que vous pouvez en dire, comme les ST2S ou les STI dont les horaires fondent comme neige au soleil. L’enseignement privé n’a visiblement pas les mêmes problèmes d’emploi puisqu’il crée des enseignements d’exploration quand on en supprime dans le public.

La réforme des lycées introduit enfin une concurrence entre disciplines puisqu’il faudra choisir celles qui auront droit à un horaire dédoublé, ces choix pouvant être différents d’un établissement à l’autre : que va devenir l’Education nationale, les programmes et les examens nationaux si chaque lycée fait ce qu’il veut ?

Les conseils d’administration et les conseils pédagogiques se déroulent actuellement dans un climat houleux, les grèves locales et les votes contre se multiplient, ainsi que le refus des heures supplémentaires rendues encore plus insupportables par la dégradation régulière des conditions de travail. Le malaise des personnels s’amplifie en salle des profs : on va maintenant jusqu’à nous proposer de choisir entre la peste et le choléra (autrement dit de choisir entre la suppression d’un poste ou son maintien, mais à condition d’enseigner dans un enseignement d’exploration ne correspondant pas à sa qualification) ; les personnels ont aussi à subir des vexations par la reconvocation des CA pendant les vacances ou encore par l’absence de TRMD à voter, le chef d’établissement expliquant qu’il ne présentera que le résultat, sans que les élus aient les moyens de vérifier ou de présenter une contre proposition comme les textes encore en vigueur leur permettent. C’est un nouveau déni de démocratie qui s’ajoute au dessaisissement des compétences des élus au CA au profit d’un conseil pédagogique aux membres désignés. Nous vous demandons qu’une mise au point soit faite dès aujourd’hui auprès des chefs d ’établissement afin que les élus en CA puissent siéger et exercer valablement leur mandat.

Les personnels ont enfin à faire à un rectorat qui leur donne l’impression qu’il ne reconnaît pas à sa juste valeur le travail qu’ils effectuent chaque jour ; et ce sentiment ne pourra être qu’accentué lorsqu’ils découvriront une note de service mutations valorisant l’affectation hors discipline illégale (alors que vous avez été condamné au TA à verser des dommages et intérêts pour cette même raison), ils bondiront certainement en lisant le commentaire associé à ces 300 ou 950 points, ajoutant qu’il est « normal » de renforcer la bonification de ces voeux. En salle des profs, ce sera interprété comme un camouflet et une remise en cause des compétences professionnelles dument validées jusque là par une formation et un concours exigeants. Est-ce vraiment ce message que vous voulez faire passer auprès de nos collègues, à quelques jours d’une grève qui s’annonce très suivie ?

En ce qui concerne les postes de personnels administratifs, nous refusons ces suppressions de postes massives, les mutualisations et les réorganisations de services qui portent atteinte aux conditions de travail et engendrent une détérioration dans le suivi des actes de gestion au détriment des usagers. Nous nous opposons à toute diminution du Service public, de ses missions et de ses effectifs. Nous rappelons qu’à la suite d’une audience intersyndicale en mars 2008, le rectorat s ’était engagé à ce qu’une information préalable avant toute réorganisation soit faite avec tenue de groupe de travail. Si le CTPA doit être informé des moyens attribués à l’académie pour les postes administratifs, ne serait-ce pas de la compétence des CTPS de travailler à la réorganisation des services ? Enfin, les infirmières scolaire seront dans l’action le 23 mars prochain pour protester contre la volonté de la part du ministère de leur mise sous tutelle sous l’autorité des médecins scolaires. Ces personnels veulent conserver toutes les missions dont elles ont actuellement la charge.


Préparation de la rentrée 2010 et Réforme du lycée
Le 26/01/10

Le calendrier précis arrêté par le Rectorat n’a pas été communiqué aux organisations syndicales lors du CTPA mais il l’a été aux chefs d’établissements (vive le dialogue social !) : cette semaine (cf. courriers des 19 et 22 janvier adressés aux directions), les lycées doivent faire remonter au Rectorat leurs souhaits d’options et d’enseignements d’exploration. La DHG tombera dans les lycées au plus tard le 29/01 et les remontées au rectorat après réunion des instances des lycées doivent être faites le vendredi 5 mars au plus tard.

Nous constatons que la question du choix des options et des enseignements d’exploration n’est pas soumise aux personnels. Cela est contraire aux textes (Article R421-23 et R421-24) et d’autant plus grave qu’il semble y avoir une ambiguïté sur le statut des LV3, langues anciennes et enseignements artistiques comme enseignements d’exploration.

Nous appelons donc les personnels à exiger des réunions rapide sur la préparation de rentrée sans attendre que le chef d’établissement ait seul donné son avis sur d’éventuels choix d’options et d’enseignements d’exploration.

Nous dénonçons également un calendrier qui impose la réforme en refusant les négociations sur son contenu et ses objectifs, un calendrier qui d’autre part permet au rectorat d’imposer le contournement de tous les lieux de réflexion et de débat dans un établissement et nous appelons les personnels à organiser des heures d’information syndicale avant et après les congés (février et mars) afin de dénoncer cette réforme.


Compte rendu du CTPA du 13 janvier 2010
Le 13/01/10
Sans surprise, malgré le manque criant de personnels de l’académie et une hausse globale des effectifs globaux à la rentrée prochaine (+ 517 élèves), le recteur a tenté de justifier les nouvelles 646 suppressions de postes. Lire

Déclaration FSU au Recteur lors du CTPA du 13 janvier 2010
Le 13/01/10
Nous sommes réunis aujourd’hui pour que vous nous expliquiez comment l’académie de Lille peut connaitre une nouvelle ponction de 646 postes.Non seulement nos conditions actuelles d’enseignement et le manque de personnels que connaît déjà l’académie ne justifient pas de nouvelles suppressions de postes, mais en plus les effectifs totaux d’élèves sont en hausse de 517 (+ 294 dans le premier degré, + 752 en collège, + 948 en LP contre une diminution de 156 élèves dans le post-bac et – 1321 en lycée), soit une suppression d’un poste d’enseignant pour 0.8 élève en plus ! Lire


Questions posées au Recteur lors du CTPA du 13 janvier 2010
Le 09/01/10
Monsieur le Recteur, veuillez trouver ci-dessous les questions diverses que la FSU souhaite voir traitées lors du CTPA du 11 janvier : Réforme des lycées : Quel est le calendrier pour les ½ journées banalisées ? Quelle organisation est prévue dans l’académie ? Par exemple : un élève aura t-il le choix entre tous les enseignements d’exploration dans son lycée ? Le choix d’un enseignement d’exploration ou d’une option sera-t-il un critère d’affectation ? Quel devenir pour les enseignements spécifiques ? (...) Lire


Lettre ouverte aux acteurs publics pour une concertation régionale sur la formation des enseignants
Le 27/10/09

La FSU exprime son opposition à la fermeture du centre IUFM de Douai dès la rentrée 2010-2011, annoncée aux personnels le 5 octobre par le président C. Morzewski de l’université d’Artois, où l’IUFM Nord Pas de Calais a été intégré en 2008.

Elle dénonce le caractère irrégulièrement unilatéral de cette décision, prise sans la consultation obligatoire des instances internes de l’université, au mépris de la représentation des personnels, et sans concertation avec les cinq autres universités de l’académie. La FSU condamne le caractère aberrant de cette décision en ce qui concerne l’organisation de la formation des enseignants et CPE dans l’académie.

Elle apporte son soutien aux personnels de ce centre qui expriment leur refus de sa disparition et leurs fortes inquiétudes à la perspective de ce qu’il faut bien appeler un « plan social ».

Cette décision, le président de l’université d’Artois s’est cru autorisé à la prendre seul, au mépris des instances de l’établissement et des avis des autres universités. C’est une illustration spectaculaire de la mise en œuvre des principes de management instaurés par la loi LRU et ses textes d’application qui confient aux présidents des pouvoirs personnels exorbitants et discrétionnaires, et de la fausse autonomie des universités qui consiste, notamment, à les dresser les unes contre les autres dans une course concurrentielle effrénée aux financements. La FSU Nord Pas de Calais continue d’exiger l’abrogation de la loi LRU, instrument de déréliction de l’université française, et la mise en chantier d’une tout autre loi.

Mais au-delà de l’aspect symbolique des lieux que sont les anciennes écoles normales de Douai, c’est bien une ignorance totale de la spécificité de la formation des maîtres de la part du Président de l’Université qui est flagrante.

Enseigner est un métier qui s’apprend !
La réforme imposée par le ministère, sans concertation, et que la FSU dénonce et combat, ne répond pas aux objectifs portés par nos syndicats, elle va essentiellement permettre de justifier la suppression des 16 000 postes annoncés pour la rentrée 2010, et, dès cette année, elle permet d’utiliser les étudiants admissibles aux concours comme moyens de remplacement.

C’est une véritable formation professionnelle sur plusieurs années avec une entrée progressive dans le métier que la FSU revendique, bien loin de cet apprentissage « sur le tas », dangereux et méprisant pour les élèves comme pour les personnels, que nous assène brutalement le gouvernement.

Pour que cette formation soit cohérente dans le premier degré, elle ne peut se faire que sur des sites de formation proches des écoles où travaillent notamment les enseignants maîtres formateurs. Pourtant, le président de l’Université d’Artois cherche à concentrer les lieux de formation éloignant ainsi de fait les étudiants des écoles. Ses annonces sont lourdes de conséquences :

Pour les étudiants qui devront faire face à des frais supplémentaires,

Pour les personnels des différents sites IUFM,

Pour les maîtres formateurs,

Pour les enseignants titulaires qui suivent leur formation continue sur ces sites.

La FSU, revendique le développement d’une formation professionnelle spécifique pour tous les enseignants. L’élévation du niveau d’étude ne doit pas servir de prétexte à supprimer la dimension pratique du métier, de la formation : tous les stagiaires jugent indispensable la confrontation avec les formateurs de terrain, en alternance avec leur propre expérience professionnelle.

La formation ne peut être organisée de manière satisfaisante que dans le cadre d’une coopération sincère, étroite et permanente des 6 universités, avec la caution et la contribution du rectorat, le soutien des collectivités locales et l’adhésion des personnels.

La FSU Nord Pas de Calais propose à la Conférence Régionale des Présidents d’Universités (CRPU), au recteur chancelier des universités, au Conseil Régional, aux deux Conseil généraux, aux autres collectivités territoriales concernées d’ouvrir, avec les organisations représentatives des personnels et des étudiants, une vaste concertation au niveau académique afin de débattre de l’organisation régionale de la formation des enseignants.

La FSU Nord Pas de Calais, assumant ses responsabilités de première organisation syndicale de la Fonction publique d’État, appelle à développer l’action pour la défense et le développement du service public de l’éducation.

Elle appelle les personnels et étudiants de l’université d’Artois à participer nombreux à l’Assemblée Générale mercredi 4 novembre à 14 h à l’IUFM d’Arras (amphi Derisbourg, rue du Temple).

Elle invite les personnels, les usagers et les citoyens à participer :

- aux Assises de la Formation des Enseignants le 7 novembre à la Sorbonne (Paris)
- au Forum régional qu’elle organise sur la défense des services publics mardi 10 novembre à partir de 14h salle d’Anchin à Douai,
- à la grève nationale mardi 24 novembre et à la manifestation régionale à Lille.


Réquisitions de salles de sports : dehors les collégiens et lycéens !
Le 16/10/09

Cinquante sept salles de sports vont être réquisitionnées dans la région Nord Pas De Calais et transformées pendant quatre mois en centres de vaccination contre la grippe A H1N1 pour la population.
Ces salles de sports sont utilisées par les collégiens et lycéens pour l’enseignement obligatoire de l’Education Physique et Sportive, pour le sport scolaire des élèves mais aussi pour l’ensemble des utilisateurs du milieu associatif.
Ces réquisitions mettent en péril les enseignements organisés pour 20% des établissements scolaires concernés ! Elles mettent aussi en difficulté la pratique physique organisée pour les usagers extra scolaire. D’autant plus que le manque d’infrastructures sportives, notamment couvertes adaptées aux scolaires, ne permettra pas de solution de repli. L’enseignement de l’EPS, l’encadrement du Sport Scolaire et la pratique des clubs nécessitent en effet différents espaces de pratiques, et principalement couverts dans notre région pour la mise en place d’une programmation précise d’activités physiques, sportives et artistiques.
Mettre nos jeunes dehors, c’est ignorer tous les problèmes de sécurité et de santé que cela pose !
Nous déplorons une organisation réalisée dans la précipitation, sans prise en compte des nécessités des enseignements (planning de l’utilisation des salles…) et un manque de considération criant pour la pratique physique et sportive obligatoire de nos jeunes.

Communiqué de Presse SNEP/FSU LILLE (pdf 105.3 Mo)